Agressions sexuelles: l’ex-entraîneur de ski Bertrand Charest expose ses motifs d’appel

L’ex-entraîneur de ski Bertrand Charest espère pouvoir faire annuler le jugement rendu contre lui.
Photo: Mike McLaughlin La Presse canadienne L’ex-entraîneur de ski Bertrand Charest espère pouvoir faire annuler le jugement rendu contre lui.

Reconnu coupable d’agressions sexuelles sur neuf skieuses, Bertrand Charest soutient que la preuve contre lui a mal été évaluée par le juge dans son mémoire d’appel déposé mercredi.

Selon l’ancien entraîneur de ski, le juge de première instance a commis sept erreurs en rendant son verdict de culpabilité en juin 2017.

« Les verdicts ne sont pas le résultat d’une décision judiciaire raisonnée », soutient-il dans son mémoire d’appel.

M. Charest a été condamné à 12 ans de prison, après avoir été reconnu coupable de 37 chefs d’accusation de crimes sexuels sur neuf skieuses dans les années 1990 alors qu’elles étaient âgées de 12 à 19 ans.

L’ancien entraîneur de ski reproche au juge d’avoir procédé à une « analyse en bloc » sur la question du consentement relativement aux accusations d’agression sexuelle.

Dans son jugement, le juge Sylvain Lépine de la Cour du Québec avait décrit le comportement de M. Charest comme celui d’un « véritable prédateur ».

« L’accusé a agi comme un véritable prédateur, tissant sa toile soigneusement pour y attirer des jeunes femmes, adolescentes, et exercer sur elles un ascendant total », avait-il conclu. « Sa recherche du plaisir sexuel n’avait aucune limite, alors qu’il était en situation d’autorité sur ces jeunes espoirs canadiens du ski de compétition. »

Selon l’ancien entraîneur de ski, le juge a erré en traitant la notion de consentement comme celle d’un phénomène collectif.

« Plutôt que de s’astreindre à analyser le témoignage de chaque plaignante pour déterminer si elle avait ou non consenti aux activités sexuelles avec [M. Charest], le juge a conclu à l’existence d’un système d’exploitation sexuelle uniforme qui excluait toute possibilité qu’une plaignante ait pu valablement consentir », plaide l’avocat de M. Charest, Me Antonio Cabral.

Il déplore le fait que le juge ait « complètement escamoté » la possibilité que des plaignantes aient consenti aux activités sexuelles.

« [M. Charest] avait droit à ce que le tribunal se penche sur le témoignage de chaque plaignante à l’égard de chaque chef d’accusation d’agression sexuelle pour déterminer si la poursuite avait établi hors de tout doute raisonnable l’absence de consentement », indique le document.

M. Charest soutient également que le juge a mal interprété le chef d’exploitation sexuelle. Il rappelle que dans les années 1990, cette infraction visait des victimes âgées de 14 à 18 ans. Or, selon lui, au moins trois des plaignantes étaient âgées de 18 ans au moment des faits.

« Le juge s’est mépris trois fois plutôt qu’une », note-t-il.

Rappelons qu’en juin, plusieurs victimes de l’ancien entraîneur ont levé le voile sur leur identité pour sensibiliser le public aux agressions sexuelles dans le milieu sportif.

Les anciennes skieuses Geneviève Simard, Gail Kelly, Amélie-Frédérique Gagnon et Anna Prchal avaient été les premières à sortir de l’ombre.

La Couronne déposera dans les prochaines semaines son mémoire.