Collusion à Laval: les délibérations se poursuivent au procès de Tony Accurso

L’ex-entrepreneur en construction Tony Accurso est accusé de complot pour corruption, de complot pour fraude, de fraude, de corruption d’un fonctionnaire et d’aide à commettre un abus de confiance.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’ex-entrepreneur en construction Tony Accurso est accusé de complot pour corruption, de complot pour fraude, de fraude, de corruption d’un fonctionnaire et d’aide à commettre un abus de confiance.

Le jury ne s’est toujours pas entendu sur le sort de l’ex-entrepreneur en construction Tony Accurso accusé d’avoir participé à un système de partage de contrats publics à Laval. Il entamera lundi sa 7e journée de délibérations.
 

Les douze jurés passeront le long week-end de la Saint-Jean-Baptiste au palais de justice de Laval à discuter de la décision à prendre, puisqu’une fois séquestrés, ils demeurent confinés jusqu’à ce qu’ils s’entendent unanimement sur un verdict.
 

M. Accurso est accusé de complot pour corruption, de complot pour fraude, de fraude, de corruption d’un fonctionnaire et d’aide à commettre un abus de confiance. Il a plaidé non coupable à toutes les accusations.
 

Le jury, qui est séquestré depuis mardi, ne s’est pas manifesté depuis jeudi. Cette journée-là, il a demandé des précisions sur une prise de bec survenue entre l’ex-entrepreneur et un ancien collecteur de fonds de l’ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt.


Marc Gendron, qui collectait pour le parti du maire, avait notamment raconté lors de son témoignage avoir reçu 200 000$ en argent comptant des mains de M. Accurso.
 

Un événement qu’avait nié l’accusé, plaidant que c’était impossible d'avoir remis ces sommes puisque non seulement il ne parlait plus à M. Gendron à la suite d’une dispute, mais aussi, il ne garait jamais son véhicule à l’endroit où M. Gendron a dit que l’échange avait eu lieu.
 

La veille, mercredi, les jurés avaient demandé à réécouter l’enregistrement complet du témoignage de M. Accurso.
 

Selon la poursuite, M. Accurso a été impliqué dans un système collusionnaire « endémique » sur le territoire lavallois de 1996 à 2010. La Couronne soutient que ce système « bien rodé » a profité à Louisbourg et à Simard-Beaudry, deux entreprises de construction appartenant à M. Accurso.
 

La défense plaide que M. Accurso n’était non seulement pas impliqué dans le système, mais qu’il n’était pas au courant de son existence, puisqu’il ne s’occupait pas des opérations quotidiennes de ses entreprises. Celles-ci étaient plutôt confiées à ses deux bras droits, Joe Molluso et Frank Minicucci.
 

Rappelons qu’il s’agit du deuxième procès de M. Accurso à Laval. Le premier avait avorté alors que la poursuite s’apprêtait à commencer sa plaidoirie, une des dernières étapes avant la délibération du jury. Une jurée avait fait parvenir une note au juge et expliqué qu’un oncle lui a raconté avoir vu de l’argent comptant dans une mallette au bureau de Marc Gendron. Il lui avait également dit que le système de collusion à Laval était un « gros système », avant d’ajouter que « c’est comme une mafia qui gère ça ». La jurée avait expliqué qu’elle « trouvait ça gros » de garder ça pour elle, avouant du même coup en avoir glissé un mot à deux autres membres du jury.
 

M. Accurso a également subi un procès à Mascouche où il a été acquitté d’une accusation d’abus de confiance pour obtenir des contrats avec la Ville.