Le jury se questionne sur une prise de bec entre Accurso et un collecteur de fonds

Tony Accurso fait face à des accusations de complot pour corruption, de complot pour fraude, de fraude, de corruption d’un fonctionnaire et d’aide à commettre un abus de confiance.
Photo: Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne Tony Accurso fait face à des accusations de complot pour corruption, de complot pour fraude, de fraude, de corruption d’un fonctionnaire et d’aide à commettre un abus de confiance.

Le jury au procès de Tony Accurso s’est manifesté pour une deuxième fois depuis le début de ses délibérations pour demander des précisions sur une prise de bec qui serait survenue entre l’ex-entrepreneur et un ancien collecteur de fonds de l’ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt.

Vendredi, les jurés souhaitaient savoir si le différend en question est survenu, d’après la version de Marc Gendron, avant ou après que M. Accurso lui a remis 200 000$ en argent comptant. Un incident pour lequel les deux principaux intéressés ont rapporté des versions contradictoires.

Après vérifications, le juge a indiqué au jury que selon le témoignage de M. Gendron, la remise de la ristourne de 200 000$ a eu lieu à l’automne 2002. Bien qu’il n’y ait pas de date définie, la prise de bec entre les deux hommes serait survenue avant la remise de l’argent, toujours d’après le témoignage de M. Gendron.

Cette deuxième question du jury survient au lendemain de sa demande de réécouter le témoignage de l’ex-entrepreneur en construction accusé de fraude et de corruption relativement à un système de partage de contrats à Laval.

On ignore toutefois la raison qui a motivé le jury à poser cette question, puisque leurs délibérations sont secrètes.

Gendron, témoin clé

M. Gendron est un des témoins clés de la Couronne. L’ancien ingénieur de 86 ans avait expliqué au jury qu’il était responsable de collecter la ristourne de 2 % que versaient les entrepreneurs au parti du maire Vaillancourt après avoir obtenu un contrat truqué auprès de la Ville de Laval. C’est dans ce contexte qu’il a dit avoir rencontré en 2002 M. Accurso dans un de ses restaurants situés sur le boulevard Le Corbusier pour recevoir 200 000 $ de ristournes.

La défense avait alors questionné M. Gendron sur une dispute nébuleuse.

« Dispute, c’est un grand mot. On a toujours eu une bonne relation », avait assuré M. Gendron, sans préciser exactement le moment de l’incident.

M. Accurso, lors de son témoignage, s’était appuyé notamment sur cette chicane pour dire qu’il était impossible que la remise de 200 000 $ ait eu lieu puisqu’il ne parlait plus à M. Gendron.

Le sort de l’ex-entrepreneur en construction se trouve entre les mains du jury depuis mardi.

M. Accurso a été arrêté en mai 2013 par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) lors d’une opération qui avait mené à l’arrestation de 37 personnes, dont l’ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt.

Il fait face à des accusations de complot pour corruption, de complot pour fraude, de fraude, de corruption d’un fonctionnaire et d’aide à commettre un abus de confiance. M. Accurso est le seul des 37 accusés dans cette affaire à avoir choisi de se défendre devant les tribunaux. Il a plaidé non coupable à toutes les accusations.

D’autres détails suivront.