Grève des grutiers: Phillipe Couillard ne fera «pas de compromis»

La vaste majorité des grutiers ont défié l’ordonnance du Tribunal administratif du travail, qui les a sommés de cesser leur grève illégale.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne La vaste majorité des grutiers ont défié l’ordonnance du Tribunal administratif du travail, qui les a sommés de cesser leur grève illégale.

Le premier ministre Philippe Couillard a prévenu vendredi « qu’il y aura des conséquences » et que son gouvernement « ne ferait pas de compromis » relativement à la grève illégale que mènent les grutiers depuis cinq jours.

« Ceux qui pensent que, parce qu’il y a des élections qui s’en viennent, le gouvernement pourrait marchander une sorte de solution à l’écart des lois, enlevez cette illusion de votre esprit », a déclaré le premier ministre en mêlée de presse à Québec.

Son ministre des Transports, André Fortin, avait annoncé plus tôt que le gouvernement enverrait une mise en demeure au syndicat des grutiers pour réclamer « tout dommage généré par leur grève illégale ». Interrogé sur l’impact de la grève sur les travaux au pont Champlain, l’attaché de presse du ministre fédéral des Infrastructures, Amarjeet Sohi, a affirmé qu’il était encore « trop tôt » pour se prononcer.

La vaste majorité des grutiers ont défié l’ordonnance du Tribunal administratif du travail, qui les a sommés de cesser leur grève illégale. Ils ne sont pas retournés sur les chantiers vendredi matin, selon la Commission de la construction du Québec (CCQ).

Le Tribunal avait accueilli jeudi soir la demande d’ordonnance provisoire déposée par la CCQ pour faire cesser la grève. Selon la décision, l’urgence d’agir est justifiée, car « il apparaît évident que les chantiers de construction subissent des impacts importants à cause de cet arrêt de travail ».

Mélanie Malenfant, porte-parole de la CCQ, a dit qu’elle « comprenait très bien » la décision du gouvernement du Québec. « Ça cause aussi des torts aux contribuables, parce que tous les retards sur les chantiers, ça va probablement occasionner des coûts qui sont importants pour le gouvernement. »

En milieu de soirée jeudi, la FTQ-Construction avait relayé la décision du tribunal dans un communiqué de presse, dans lequel elle rappelait « aux salariés grutiers leur obligation d’offrir immédiatement leur prestation normale et habituelle de travail ». La centrale syndicale a réitéré cet appel vendredi, en demandant au gouvernement du Québec de former un comité indépendant pour étudier le règlement lié à la formation.