Collusion à Laval: le jury réécoute le témoignage de Tony Accurso

L’ex-entrepreneur en construction Tony Accurso
Photo: Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne L’ex-entrepreneur en construction Tony Accurso

Au troisième jour des délibérations au procès de Tony Accurso, le jury a demandé de réécouter le témoignage de l’ex-entrepreneur en construction accusé de fraude et de corruption relativement à un système de partage de contrats à Laval.

Vers 10 h 30, le jury a d’abord demandé s’il était possible d’obtenir la transcription du témoignage de M. Accurso. Le juge James Brunton a toutefois refusé leur demande, leur indiquant qu’ils pourraient toutefois réécouter l’enregistrement.

Moins de cinq minutes plus tard, le jury a donc fait officiellement une demande pour écouter à nouveau la journée et demie de témoignage de l’accusé. Puisqu’ils sont tenus d'écouter l’entièreté du témoignage, y compris le contre-interrogatoire de la Couronne, tout porte à croire que le verdict ne sera pas rendu jeudi.

Rappelons que le sort de l’ex-entrepreneur en construction se trouve entre les mains du jury depuis mardi.

« Vous devez faire une analyse calme, impartiale et objective de toute la preuve », avait dit le juge James Brunton avant d’envoyer les 12 jurés en délibérations.

Après avoir écouté la preuve pendant trois semaines, le jury, composé de cinq femmes et de sept hommes, doit d’abord établir l’existence du système de partage de contrats publics sur le territoire lavallois.

À trois reprises, le juge Brunton a laissé entendre que la preuve de la Couronne était abondante pour démontrer que le système était en place de 1996 à 2010. « La Cour soupçonne que vous n’aurez pas de difficulté à conclure que la poursuite a prouvé l’existence du complot hors de tout doute raisonnable », a souligné le juge Brunton.

Les jurés auront ensuite à déterminer si M. Accurso a pris part au stratagème collusoire. « Le cœur de votre analyse sera sans doute consacré [à déterminer si] Antonio Accurso a fait partie du complot à quelque moment que ce soit », a dit le juge Brunton.

M. Accurso a été arrêté en mai 2013 par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) lors d’une opération qui avait mené à l’arrestation de 37 personnes, dont l’ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt.

Il fait face à des accusations de complot pour corruption, de complot pour fraude, de fraude, de corruption d’un fonctionnaire et d’aide à commettre un abus de confiance. M. Accurso est le seul des 37 accusés dans cette affaire à avoir choisi de se défendre devant les tribunaux. Il a plaidé non coupable à toutes les accusations.