Retour à la normale dans les CPE en grève

Dimanche, sur les réseaux sociaux, de nombreux parents se sont dits soulagés d’avoir à nouveau accès à leur service de garde, mais certains n’ont pas caché leur nervosité face à ce retour à la normale.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Dimanche, sur les réseaux sociaux, de nombreux parents se sont dits soulagés d’avoir à nouveau accès à leur service de garde, mais certains n’ont pas caché leur nervosité face à ce retour à la normale.

De nombreux parents ont pu pousser un soupir de soulagement dimanche en fin de matinée, alors que la grève générale illimitée, déclenchée le 6 juin dernier dans 57 centres de la petite enfance (CPE) de Montréal et Laval, a été levée.

Les conciliateurs du ministère du Travail ont présenté au Syndicat des travailleuses des CPE, affilié à la CSN, et à l’Association patronale des CPE, une recommandation de règlement de leur convention collective. À la demande de ces derniers, son contenu doit toutefois demeurer confidentiel pour les prochains jours. Les parties se sont engagées à la présenter « favorablement » à leurs mandants respectifs.

Elle sera ainsi présentée à l’ensemble des travailleuses visées lors d’une assemblée générale extraordinaire la fin de semaine prochaine. D’ici là, la grève, qui a touché plus de 3000 enfants, est tout de même levée et le retour au travail est prévu dès lundi matin.

Soulagement et appréhension

Malgré le peu d’informations disponibles pour le moment, l’annonce de la fin du débrayage a tout de même suscité beaucoup d’activité sur les réseaux sociaux dimanche. Mais si de nombreux parents se sont dits soulagés d’avoir à nouveau accès à leur service de garde, certains n’ont pas caché leur nervosité face à ce retour à la normale.

C’est ainsi le cas de Victoria Camerota, porte-parole du Recours collectif contre le syndicat des travailleuses de CPE Laval/Montréal qui regroupe 262 personnes. « Nous sommes heureux et soulagés que cette grève soit levée, a fait savoir cette mère de deux enfants. […] Nous espérons [maintenant] que le retour au CPE sera plaisant et qu’il n’y aura pas trop de tensions entre les éducatrices et les parents. Les conséquences de la grève générale illimitée ont été désastreuses. »

D’autres, au contraire, ont plutôt profité de l’occasion pour souligner le travail extraordinaire des éducatrices de CPE et leur apporter leur appui dans leurs démarches, et ce, même si elles leur posent un défi de logistique familiale. « Avec toutes les compressions financières des dernières années, ces éducatrices font des petits miracles au quotidien, souligne Anik Pouliot, mère d’une fillette qui fréquente un CPE montréalais depuis maintenant quatre ans. Si en plus on vient précariser leur travail, je ne sais pas comment elles vont pouvoir continuer à bien s’occuper de nos petits. »

Même son de cloche du côté de Marie-Ève Lamontagne, dont les deux enfants sont inscrits dans un établissement lavallois. « Si on souhaite qu’elles fassent bien leur travail, elles doivent être bien. Point final. »

Toutes deux membres du groupe Facebook « Parents et citoyens en appui aux travailleuses de CPE Mtl-Laval », qui compte près de 2000 membres, elles estiment que cette grève cache quelque chose de plus profond. Idem pour Jacynthe Voutsinas, mère de deux enfants qui fréquentent un CPE lavallois depuis le printemps dernier. « Ça en dit beaucoup sur la façon dont on considère celles qui s’occupent de nos enfants au quotidien, laisse-t-elle tomber, visiblement découragée. Mais, je vous le dis, pour moi, ce n’est pas fini. »

Rappelons que les points litigieux portaient notamment sur les pouvoirs décisionnels laissés entre les mains des éducatrices, les horaires de travail, les congés sans traitement, de même que la liste de rappel et l’application de l’ancienneté.