L’essentiel réseau des responsables locaux

Rabéa Kabbaj Collaboration spéciale
Les RL sont de fins connaisseurs de la réalité de leur milieu de travail, capables d’interagir au quotidien avec leurs confrères et consœurs, qu’ils sensibilisent à la pertinence et à l’importance d’épargner pour la retraite.
Photo: iStock Les RL sont de fins connaisseurs de la réalité de leur milieu de travail, capables d’interagir au quotidien avec leurs confrères et consœurs, qu’ils sensibilisent à la pertinence et à l’importance d’épargner pour la retraite.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Communément appelés « RL », les responsables locaux sont des travailleurs syndiqués qui font bénévolement la promotion du Fonds et de l’épargne- retraite auprès de leurs collègues de travail. Si au commencement ils n’étaient qu’une trentaine, 35 ans plus tard, le réseau compte quelque 1700 membres. Précieuse courroie de transmission d’informations aux travailleurs et véritables ambassadeurs de première ligne du Fonds et de sa mission, ils en constituent indéniablement l’une des clés du succès.

« Un RL, c’est un bénévole nommé par sa structure syndicale. Ses qualités sont des qualités syndicales de base : c’est d’abord et avant tout d’avoir de l’empathie et de vouloir rendre service aux autres, tout en travaillant en harmonie avec son organisation. C’est également quelqu’un qui est prêt à apprendre. On tient pour acquis que les gens peuvent partir avec une page blanche, puis être capables de bien remplir leur rôle. On leur donne, pour ce faire, la formation nécessaire », explique Jean-Pierre Guay, coordonnateur du réseau RL, qui travaille au Fonds depuis 21 ans.

« Le RL bénéficie d’une formation continue pour se tenir à jour. Il sensibilise aussi ses collègues de travail à notre mission économique et sociale. Donc ce n’est pas un conseiller financier qui inciterait quelqu’un à investir à un quelconque endroit que ce soit, il intervient vraiment dans son milieu de travail et a un rôle social qui est d’être responsable local du Fonds de solidarité », renchérit son collègue, Pierrick Charette, qui a pour sa part près de 300 RL sous sa coordination.

Modalités d’intervention

Qu’ils soient dirigeants ou délégués syndicaux, voire, au contraire, parfois des gens sans aucune implication syndicale, les RL sont avant tout de fins connaisseurs de la réalité de leur milieu de travail, capables d’interagir au quotidien avec leurs confrères et consoeurs, qu’ils sensibilisent à la pertinence et à l’importance d’épargner pour la retraite. « Ils expliquent comment on peut le faire, les possibilités qui s’offrent ainsi que le biais fiscal important des REER. Puis ils proposent à leurs collègues de le faire avec les actions du Fonds de solidarité », précise M. Guay.

Assurant une présence constante du fait même qu’ils interviennent dans les entreprises où ils sont salariés, la fréquence des activités qu’ils vont organiser varie. « En règle générale, il y a une rencontre au moins une fois par année, mais selon le milieu de travail, il peut y en avoir plusieurs. On appelle cela des blitz, c’est-à-dire des activités de promotion, des campagnes d’information et d’adhésion pour le Fonds de solidarité », relève M. Guay. En dehors de ces rencontres, le RL peut répondre en tout temps aux éventuelles questions de ses collègues, lors des pauses ou à la fin des quarts de travail. La grandeur du lieu à couvrir peut également varier d’un cas à l’autre. « Personnellement, je représente la SCFP. J’ai les cols bleus et les cols blancs de la Ville de Montréal et il y a donc une multitude d’arrondissements et de bâtiments où ils peuvent être présents. Les réalités sont différentes », note Pierrick Charette. En outre, il importe de souligner que les RL donnent de l’information à tous les travailleurs, qu’ils soient syndiqués ou pas, affiliés à son propre syndicat ou à d’autres.

Des maillons capitaux

Selon M. Guay, la mise en place du réseau RL a commencé autour de 1985-1986. Ils jouent depuis lors un rôle considérable. « Ce réseau a été à l’origine du succès du Fonds. Sans lui, probablement que cela n’aurait pas fonctionné. C’est vraiment le réseau RL qui a réussi à aller convaincre les gens de la pertinence de se faire des économies de retraite au Fonds de solidarité », estime ce coordonnateur du réseau. Inspiré des modèles de formation syndicale de la fin des années 1980, le réseau RL est rapidement devenu la clé de voûte du Fonds. « Le Fonds de solidarité constitue le modèle mondial pour les fonds de travailleurs. Il n’y a rien de plus fonctionnel que le nôtre. À partir de 1994, on recevait des délégations venues d’Afrique, d’Europe, d’Amérique du Sud : les gens venaient voir notre modèle et ils étaient très impressionnés par ce qu’on avait réussi à faire », insiste Jean-Pierre Guay.

De l’avis de Pierrick Charette, le modèle de transmission de l’information et des formations « aux pairs par les pairs » dans les milieux de travail sur lequel se fonde le réseau RL doit beaucoup à son succès. La satisfaction que peuvent tirer les RL de leurs efforts dépasse d’ailleurs largement le fait d’avoir favorisé de nouvelles souscriptions à l’épargne-retraite. « Au niveau de la mission sociale et économique du fonds de solidarité, il y a aussi le fait que l’argent est réinvesti dans l’économie du Québec. Et les gens sont très fiers de cela dans leur rôle de RL. Par exemple, prenons quelqu’un qui travaille dans une entreprise sur le point de fermer pour des raisons financières. Si le Fonds de solidarité investit dans cette compagnie et que cette personne sauve son travail, elle devient concernée par la cause. Si demain elle devient RL, elle va promouvoir non seulement l’épargne, mais aussi la mission du Fonds de solidarité », indique M. Charette.

La formation des RL

Les RL n’ont pas de prérequis à avoir en matière de connaissances des REER ou de la retraite. Tous reçoivent une formation initiale de RL en apprentissage qui est d’une durée de quatre jours. Par la suite, la formation se poursuit une fois par année sur une période d’une journée et demie, lors de la rencontre nationale, où ils sont séparés par syndicat. D’autres rencontres locales peuvent également avoir lieu autour du mois de novembre, et visent à les sensibiliser sur certains points techniques ou modifications éventuelles. En plus d’être en constante communication quotidienne avec eux, les coordonnateurs réalisent également des tournées des régions du Québec pour aller à leurs rencontres et répondre à leurs différentes réalités. En tout temps, un service RL téléphonique est également disponible au téléphone pour parer à leurs questionnements.

« Étant donné que la promotion du Fonds n’est pas leur travail principal et qu’ils ont tous un emploi à côté, il est important qu’ils se sentent soutenus tout le long dans leur action. Ils donnent l’information dont ils sont certains et, s’ils ont le moindre doute, ils sont capables d’entrer en contact avec nous, les coordonnateurs, ou avec le service RL pour avoir les réponses nécessaires », assure Jean-Pierre Guay.

Bien rodé, en pleine vitalité et se renouvelant constamment au gré des départs à la retraite et des nouvelles arrivées, le réseau RL semble avoir encore de beaux jours devant lui. « On n’est pas encore dans 100 % des milieux de travail, donc on va continuer dans la même lignée que les 35 dernières années pour les 35 prochaines années », souligne M. Charette, confiant.


Résultats des efforts des RL

Pour l’année 2016-2017 (en date du 31 mai 2017)

Plus de 3000 blitz dans les milieux de travail

18 597 adhésions retenues sur le salaire (RSS) et contributions de l’employeur (CE)