Une cycliste happée par un camion perd la vie à Montréal

Depuis 2013, de nombreux vélos blancs ont été installés pour rendre hommage aux cyclistes fauchés dans les rues de Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Depuis 2013, de nombreux vélos blancs ont été installés pour rendre hommage aux cyclistes fauchés dans les rues de Montréal.

Happée par un camion-benne, une cycliste a perdu la vie lundi matin dans le quartier Rosemont à Montréal.

Selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), la victime serait une femme de 30 ans.

La collision est survenue à l’angle de la rue Saint-Zotique et de la 19e avenue. Elle a été signalée au SPVM vers 7 h 30. Le décès de la cycliste a été constaté sur place.

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir
 
 

Des enquêteurs du service de police ont été rapidement dépêchés sur les lieux pour établir les circonstances de la tragédie. Selon un témoin présent sur les lieux, le conducteur du poids lourd et la cycliste circulaient tous deux vers l’est sur la rue Saint-Zotique, une voie qui comprend une bande cyclable. C’est en tentant d’effectuer un virage vers le sud sur la 19e avenue que la cycliste aurait été percutée.

Le chauffeur du camion est un homme âgé de 52 ans. Il a été transporté à l’hôpital pour être traité pour un choc nerveux.

La rue Saint-Zotique est fermée à la circulation entre la 18e et la 20e avenue.

Il s’agit du premier cycliste à perdre la vie dans les rues de Montréal depuis le début de l’année. En 2017, quatre cyclistes sont décédés des suites d’une collision avec un véhicule motorisé, soit deux de plus que l’année précédente.

D’autres détails suivront.

5 commentaires
  • Caroline Sigouin - Abonnée 11 juin 2018 11 h 41

    Comme si c'était la faute du cycliste...

    Pourquoi écrire "Pour une raison encore inconnue, le cycliste aurait tenté d'effectuer un virage vers le sud sur la 19e avenue"? Ça donne l'impression que le cycliste a commis une faute en faisant ça alors qu'il était totalement dans son droit. D'ailleurs, d'après ce qui est rapporté, si le conducteur du camion l'a frappé en virant lui aussi à droite, c'est le conducteur qui, "pour une raison encore inconnue", n'a pas vu qu'un cycliste s'engageait. Dans ces conditions, il aurait d'ailleurs frappé le cycliste que ce dernier continue tout droit ou vire. Il serait temps, dans le traitement médiatique qui est fait de ces tragédies, que la présomption d'innoncence des conduteurs de véhicule routier ne se traduise pas automatiquement en présomption de culpabilité du cycliste ou du piéton frappé. Et il faudra bien un jour qu'on commence à considérer que ces accidents ne sont pas inévitables et relèvent souvent de la négligeance criminelle.

    • Jean Richard - Abonné 12 juin 2018 10 h 36

      Il se pourrait qu'on ait lu votre message car la « raison inconnue » n'apparaît plus dans le texte.

      Bien qu'il faille se méfier des tribunaux populaires – le pointage du doigt en public, – on doit malheureusement constater que certains médias contribuent, par leur étalement des faits, à banaliser les conséquences des accidents impliquant des véhicules-moteurs. Pire, ces médias rapportent souvent ce que leur servent les porte-paroles des corps policiers, qui ont tendance à évacuer la responsabilité de l'agresseur pour la décharger sur le dos de la victime, surtout quand elle est décédée.

      Notre culture du tout-à-l'auto (et du tout-au-camion) a largué de nos consciences individuelles et collectives cette notion de responsabilité face à la vie d'autrui. Cette culture perverse a influencé notre façon de percevoir l'événement, Il s'agit d'un accident et l'affaire est classée. L'irresponsabilité ne peut être évoquée car elle n'est pas prouvée. La technologie actuelle nous permettrait pourtant de retracer en partie le parcours exact d'un véhicule, comme les enregistreurs de vol à bord des avions. Mais au nom de la vie privée et des libertés individuelles, on se prive d'Instruments qui pourraient contribuer à la sécurité et réduire le nombre de décès sur les routes. C'est donc le « pas pris, pas coupable », une approche qui évacue le sens des responsabilités et banalise un comportement qui contribue à tuer des gens.

      Rares sont les automobilistes et camionneurs qui tuent volontairement les gens, mais moins rares sont ceux qui sont inconscients du risque que leur comportement amène. Pas plus que les policiers, les médias ne doivent pas minimiser ce rétrécissement du sens des responsabilités.

  • Mikhael Said - Abonné 11 juin 2018 13 h 49

    Quand va t-on sécuriser les pistes cyclables dans Rosemont

    Ce genre d'incidents se répète à l'identique et c'est désespérant. Je m'arrête de rouler et je me mets sur le côté personnellement quand je vois un camion, voire je passe sur le trottoir. Les pistes cyclables sont malheureusement très peu sécurisées dans Rosemont Petite-Partie. La plupart du temps ce sont des pauvres bandes cyclables peintes (quand la peinture n'est pas partie. ..). Je prends par exemple la rue Bellechasse tous les matins et vu le nombre de vélos qui y circulent, celle-ci mériterait a minima des poteaux de séparation si ce n'est faire une vraie piste comme sur la rue Rachel.

  • Yannick Cornet - Abonné 12 juin 2018 06 h 57

    Désolant, et criminel - car on connaît la solution

    L'utilisation de l'espace urbain est un choix, un choix de société, un choix de la part des planificateurs de la ville.

    La mairesse Valérie Plante a bien du chemin a rattrapper sur les administrations précédentes, c'est sûr, mais chaque nouvel 'accident' nous rappelle que ces morts sont un choix, et qu'il faut accélérer la reconversion des rues, de TOUTES les rues, pour qu'elles soient sécurisées pour le vélo, été comme hiver, comme cela se fait dans bien des villes Européennes, de Amsterdam à Helsinki et en passant surtout par Copenhague. J'ose d'ailleurs à peine le rappeller tellement on l'a entendu cet argument là, et j'entend déjà les 'oui mais Montréal c'est pas la même affaire gnagnagna'.. Désolé, mais si, c'est justement exactement la même affaire, et on peut le faire aussi, c'est une question de choix.

    Le tout-à-l'auto de Montréal n'est plus justifiable en 2018. Le tous-à-vélo, si. Enfin, presque tous, évidemment, pour Copenhague, ils en sont à 62% de tous les trajets à l'école ou au travail, donc Montréal a encore bien du pain sur la planche.

    Mais ce n'est plus une question de savoir quoi faire, une piste cyclable unidirectionelle protégée, de chaque côté de chaque rue ou le traffic automobile est à plus de 30kmh, on sait à quoi ça devrait ressembler, c'est juste une question de le faire. Non seulement ça règlerait le stress autant des cyclistes que des chauffeurs de camions, mais ça règlerait aussi finalement les fameux problèmes de congestion (insolvables en ville de toute façon), de pollution de l'air, de bruit, de stationnements, et finalement de santé et de qualité de vie.

    Ça presse. Qui seront les prochaines victimes cette année?

    Ref http://www.cycling-embassy.dk/2017/07/04/copenhage

  • Caroline Mo - Inscrite 12 juin 2018 07 h 08

    C'est trop


    Un accident aussi effroyable a eu lieu il y a quelque temps déjà sur la rue Jean-Talon Est au coin de St-Denis.

    De plus, nos pistes cyclables n'en sont pas vraiment. Il faut s'inspirer de ce qui se fait en cette matière ailleurs dans le monde comme à Barcelone où les pistes sont à l'intérieur des trottoirs (plus larges)