La Ligue des droits et Amnistie internationale dénoncent les méthodes policières

Le SPVQ s’est défendu samedi matin d’avoir effectué des arrestations au cours de la nuit, comme le laissaient entendre les rumeurs.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le SPVQ s’est défendu samedi matin d’avoir effectué des arrestations au cours de la nuit, comme le laissaient entendre les rumeurs.

À l’ouverture de la troisième journée de manifestations anti-G7 à Québec, La Ligue des droits et libertés et Amnistie internationale ont dénoncé samedi midi les « comportements inacceptables de la police envers les manifestants ».

Ces observateurs, déployés sur le terrain et portant des dossards jaunes lors des manifestations, affirment avoir été témoins de « propos injurieux » et de « gestes dangereux ».

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Ils sont particulièrement inquiets du fait qu’un policier ait pointé « une arme d’impact à projectile […] sur des personnes qui ne semblaient poser aucun danger ».

« Notre mission a observé deux souricières vraisemblablement injustifiées, une dans une ruelle et l’autre sur les Plaines », ont-ils écrit dans un communiqué. « Nous déplorons cette pratique policière qui, en restreignant la liberté de mouvement sans motif apparent, brime le droit de manifester. »

La directrice générale d’Amnistie internationale Canada, Geneviève Paul, a aussi fait état de situations au cours desquelles des policiers ont bloqué l’accès aux observateurs. « Nous avons été surpris, voire choqués d’apprendre que certaines équipes d’observateurs ont été traitées de manière cavalière, à plusieurs reprises, par des membres du service de police de la ville de Québec. Certains ont même été empêchés d’observer une arrestation à laquelle des journalistes ont eu accès », a-t-elle déclaré.

Le Devoir a été témoin de l’une de ces situations. « Vous n’êtes pas avec nous autres, ce n’est pas ça l’entente. Vous restez en périphérie », a ordonné un policier à deux observateurs, qui souhaitaient rejoindre un groupe de journalistes jetant un coup d’œil à des arrestations dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, en après-midi vendredi. 

Au terme de deux jours de manifestations, vendredi, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) avait arrêté douze personnes. Cinq personnes ont été arrêtées jeudi pour possession de substances explosives, possession d’arme, possession de matière incendiaire, non-respect de condition et menaces. Sept personnes ont été interpellées vendredi pour attroupement illégal et entrave au travail d’un agent de la paix.

Le SPVQ s’est aussi défendu samedi matin d’avoir effectué des arrestations au cours de la nuit, comme le laissaient entendre les rumeurs. Le service de police dit n’avoir déployé aucun hélicoptère dans la nuit. Les bruits entendus dans les airs par les citoyens résidant au centre-ville demeurent donc inexpliqués.