Travailler dans des endroits inspirants

Etienne Plamondon Emond Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

En janvier dernier, l’organisme À deux mains/Head and Hands, qui fournit une foule de service aux jeunes de 12 à 25 ans, a intégré l’ancienne bibliothèque Benny, dans le secteur Notre-Dame-de-Grâce. Le déménagement est loin d’être une simple coquetterie. Son programme pour les jeunes parents peut désormais se réaliser dans le même bâtiment que ses autres activités. Il s’agit d’une première depuis la mise en place de ce volet il y a une trentaine d’années ! « Cela permet d’offrir plus facilement aux jeunes parents un accès à nos autres services », souligne la directrice générale Andrea Clarke. Elle ajoute que l’organisme se trouve désormais sur un seul étage, ce qui lui permet d’accueillir des personnes à mobilité réduite pour qui l’organisme s’avérait moins accessible jusqu’ici.

Ce nouveau toit, À deux mains/Head and Hands le doit en grande partie au soutien de la Fondation Dollar d’argent. Cette organisation philanthropique, qui a vu le jour en 2012, a été secouée par le décès soudain de son cofondateur et président Adam L. Steinberg, le 19 avril dernier. « L’intention est de continuer le travail », affirme Jane Rabinowicz, vice-présidente et cofondatrice de la Fondation Dollar d’argent. « L’approche d’Adam était de travailler en l’honneur d’autres personnes. On va l’honorer avec le travail de la fondation. »

Combler un vite

Cette fondation comble actuellement un vide en finançant et en accompagnant les organismes de bienfaisance dans leurs démarches pour se trouver des locaux ou rénover ceux qu’ils occupent. « C’est très important pour le fonctionnement d’un organisme, mais il n’y a pas beaucoup de fondations qui sont prêtes à se lancer là-dedans, soulève Jane Rabinowicz. On a souvent l’idée que les organismes communautaires doivent travailler dans des sous-sols d’église ou des conditions insalubres. Notre mission, c’est de voir comment l’espace peut refléter la mission de l’organisme. Les organismes communautaires font un travail important et critique, donc il devrait y avoir des espaces sains et salubres pour les employés, les bénévoles et les bénéficiaires. Et au-delà de ça, avoir des espaces inspirants. »

L’idée a d’ailleurs émergé lorsque Jane Rabinowicz dirigeait le centre alimentaire communautaire Santropol roulant avant son déménagement en 2010. L’organisme se trouvait alors dans des locaux trop étroits et mal adaptés à sa mission. Elle avait alors fait appel à l’aide d’Adam L. Steinberg, qui avait de l’expérience en développement immobilier et qui l’a accompagnée dans ses rencontres avec des ingénieurs et des architectes. « Les gestionnaires d’organismes sans but lucratif, nous ne sommes pas des experts en immobilier, mais chacun de nos sous compte. » Après avoir constaté comment le nouvel espace avait transformé l’organisation, Jane Rabinowicz et Adam L. Steinberg ont poursuivi leur collaboration et lancé la Fondation Dollar d’argent afin de soutenir d’autres organismes dans ce genre de démarches.

Au-delà de l’espace physique, Jane Rabinowicz souligne qu’aider un organisme de bienfaisance à devenir propriétaire ou à signer un bail avec des conditions avantageuses peut aussi lui assurer une meilleure stabilité. « Si on a peur de quitter nos locaux dans deux ans, il y a un impact psychologique dans l’organisation : cela peut empêcher de penser et de rêver à long terme. » Récemment, la Fondation Dollar d’argent donnait environ 150 000 $ par année en subventions à ce genre de projets. En 2017, une vingtaine d’organismes ont bénéficié de l’un de leurs financements.