Suspension de Pichet: Coiteux et Plante défendent leur décision

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux
Photo: Paul Chiasson Archives La Presse canadienne La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux

Au lendemain du dépôt d’une requête réclamant la réintégration du chef de police de Montréal, Philippe Pichet, dans ses fonctions, Martin Coiteux et Valérie Plante ont défendu la décision de suspendre M. Pichet.

« Il faudrait se rappeler les circonstances qui ont mené à la nomination d’un administrateur provisoire et d’un directeur intérimaire du corps de police du SPVM », a déclaré le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, en point de presse jeudi.

Ces circonstances sont celles de la publication de l’accablant rapport Bouchard, qui faisait état de climat malsain, d’enquêtes internes bâclées, de procédures administratives bafouées et de guerres de clans au sein du corps policier. Les pratiques qui y étaient révélées étaient « susceptibles de miner la confiance de la population » envers le SPVM.

Ainsi, M. Coiteux avait annoncé en décembre la suspension avec solde de Philippe Pichet et avait donné le mandat au directeur de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme, de remettre le corps de police sur les rails. « Il y avait clairement la nécessité […] de nommer un administrateur provisoire », a assuré le ministre jeudi.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a défendu la décision du ministre en rappelant que le rapport Bouchard « montrait les problèmes de direction au sein du SPVM. » « On a agi pour le bien des Montréalais », a-t-elle dit, insistant sur la nécessité de « rétablir le lien de confiance des Montréalais envers le SPVM ».

Congédiement déguisé

Dans sa poursuite déposée à la Cour du Québec mercredi et datée du 29 mai, Philippe Pichet avance que sa suspension « équivaut à une destitution par congédiement déguisé ».

Il demande au tribunal d’annuler sa suspension et d’ordonner sa réintégration au poste de directeur du SPVM. La cause sera entendue en juillet.

Philippe Pichet déplore notamment n’avoir « jamais, en aucun temps, été avisé de quelques problèmes ou reproches que ce soit relativement à son travail ». Le chef du SPVM dit avoir appris sa suspension dans les médias, le 5 décembre dernier.

Le directeur du corps policier affirme qu’il travaillait pourtant à redresser le SPVM, depuis qu’un reportage de l’émission JE diffusé en février 2017 avait révélé une affaire de fabrication de preuve touchant la section des Affaires internes du service de police.

Le plan d’action de M. Pichet à cet effet avait été bien accueilli par le ministre Coiteux et l’ex-maire Denis Coderre, selon la requête.

Martin Coiteux a confirmé jeudi avoir reçu le rapport d’étape de M. Prud’homme concernant la situation au SPVM. Il n’a pas précisé quand il le rendra public ni s’il serait envisageable de ramener M. Pichet à la tête du SPVM, selon les conclusions du rapport. « Vous comprendrez que dans un premier temps, je souhaite en discuter avec la mairesse de Montréal. Dès que possible, je rendrai ce rapport public et on discutera des suites de tout ça », a-t-il déclaré.

À la lumière de ce rapport, le ministre doit décider s’il lève la suspension du chef de police ou s’il recommande sa destitution au gouvernement.

Martin Coiteux avait reconnu en décembre qu’il serait étonnant que Philippe Pichet puisse réintégrer son poste.