Une soixantaine de CPE de Montréal et Laval en grève générale illimitée le 6 juin

Le syndicat déplore l’impasse, la partie patronale estime avoir fait des concessions.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir Le syndicat déplore l’impasse, la partie patronale estime avoir fait des concessions.

Les parents de quelque 4000 enfants des régions de Montréal et de Laval devront se trouver un plan B à compter du 6 juin pour la garde de leurs enfants. Plus de 1500 employées d’une soixantaine de centres de la petite enfance (CPE) enclencheront le mandat de grève générale illimitée qui a été voté à 91 % plus tôt ce mois-ci.

La CSN, qui représente les travailleuses (97 % sont des femmes), confirme que l’impasse actuelle dans les négociations mène à cette escalade dans les moyens de pression.

Les services ont déjà été perturbés par trois journées de grève dans les dernières semaines.

« Notre but ultime, c’est de ne pas se rendre à la grève générale illimitée », a déclaré Nathalie Fontaine peu avant d’entreprendre une rencontre de négociation, jeudi après-midi.

La première vice-présidente à la négociation du Syndicat des travailleuses de CPE-CSN déplore que l’impasse soit totale sur les points en litige, tels les horaires de travail et l’ancienneté.

« Ils sont inébranlables », dit-elle à propos de la partie patronale. C’est vraiment en dernier recours que ces travailleuses, qui gagnent entre 14 et 23 $ l’heure, en arrivent à la grève, selon Mme Fontaine, puisqu’« elles n’en ont pas vraiment les moyens ».

Selon elle, les parents, bien qu’incommodés, comprennent qu’il s’agit du « moyen ultime ».

Réaction patronale

L’Association patronale nationale des CPE (APNCPE) s’est retirée du processus qui a permis au ministère de la Famille de signer une entente avec les autres CPE.

Le 25 mai dernier, l’APNCPE déclarait sur sa page Facebook avoir fait « un certain nombre de compromis » dans sa dernière proposition globale de règlement, à laquelle le syndicat devait répondre mardi.

La porte-parole de l’APNCPE, Chantal Bellavance, qualifie la situation de « décevante ». « Nous avons fait des concessions », assure-t-elle. Il n’est toutefois pas question de reculer sur les questions qui pourraient nuire à la qualité des services, a-t-elle ajouté en entrevue.

La convention collective des travailleuses est échue depuis mars 2015. Les travailleuses des CPE de la Montérégie, dont les établissements sont aussi regroupés sous l’égide de l’APNCPE, ont signé une convention collective en mars alors que les négociations se poursuivent également en Estrie et en Mauricie–Centre-du-Québec.