Un personnel surchargé

Etienne Plamondon Emond Collaboration spéciale
Les compressions auraient eu une répercussion négative sur les services.
Photo: iStock Les compressions auraient eu une répercussion négative sur les services.

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Plus de 59 % des professionnels dans la fonction publique estiment que les compressions budgétaires et les politiques d’austérité ont augmenté leur charge de travail. C’est ce que révèlent les résultats, dévoilés ce mois-ci, d’un sondage mené par le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) auprès de ses membres, auquel près de 3600 salariés ont répondu.

Près de 70 % des répondants ont signalé avoir été aux prises avec une surcharge de travail au moins une fois dans la dernière année. Parmi ceux qui ont fait cette affirmation, 30 % précisent avoir été constamment en surcharge de travail, et plus de la moitié l’avoir été fréquemment. « Cette étude confirme le sentiment que j’avais sur le terrain », indique Richard Perron, président du SPGQ.

Les compressions budgétaires réalisées par le gouvernement du Québec auraient non seulement eu une répercussion négative sur la satisfaction, la motivation et le stress au travail chez une majorité de ses employés si l’on se fie au sondage, mais aussi un effet direct sur leurs services. La moitié des répondants ont constaté, au cours des dix dernières années, une augmentation des délais dans la réalisation et le traitement des dossiers, tandis que quatre professionnels sur dix ont signalé que, durant la même période, la qualité de la réalisation des dossiers a diminué.

Richard Perron évoque la plainte déposée par le SPGQ en 2016 à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) au sujet de la surcharge de travail, de la détresse psychologique et du stress aigu vécu par les employés du bureau montréalais de la Direction de l’indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC), qui relève… de la CNESST. « Quand on traite un dossier de victime d’actes criminels, ce n’est pas comme si on passait des pots de beurre de peanuts sur une chaîne de montage », souligne Richard Perron. Il rappelle que la protectrice du citoyen avait signalé, en 2016 dans un rapport au sujet de l’IVAC, de longs délais d’attente, des lacunes dans l’information transmise aux victimes et une difficulté d’accès au régime.

Selon les données traitées par le SPGQ, la fonction publique québécoise comptait, en 2015, 1300 effectifs équivalents temps complet de moins par 10 000 habitants qu’en 2011.

Ce manque d’employés peut parfois avoir comme conséquence la fermeture partielle des services ou de comptoirs de bureaux gouvernementaux en région, signale Christian Daigle, président du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ). Il évoque la Régie du logement et la Régie du bâtiment, dont les services en région posent, selon lui, un problème. « Il n’y a pas assez d’effectifs sur le terrain, donc les inspecteurs sont au bureau deux ou trois jours par semaine, font un peu de réception, du secrétariat, s’occupent d’être préposés aux renseignements, rédigent leurs propres rapports et passent ensuite une à deux journées par semaine pour aller faire de l’inspection, ce qui est leur but premier, explique-t-il. Si on veut qu’ils soient en train de faire de l’inspection, il faudrait qu’ils soient toujours sur la route et qu’on ait des services de soutien. »