Des élèves-officiers du Collège militaire de Saint-Jean accusés d’avoir profané le Coran

Le bureau du lieutenant-général Lamarre a confirmé que quatre élèves-officiers du Collège militaire royal de Saint-Jean sont accusés d’avoir profané un Coran.
Photo: Justin Tang Archives La Presse canadienne Le bureau du lieutenant-général Lamarre a confirmé que quatre élèves-officiers du Collège militaire royal de Saint-Jean sont accusés d’avoir profané un Coran.

Trois élèves-officiers du Collège militaire royal de Saint-Jean sont menacés d’expulsion des Forces armées canadiennes après avoir profané un Coran.

Les gestes allégués auraient eu lieu lors d’une fête dans un chalet pendant la longue fin de semaine de Pâques et auraient impliqué au total huit étudiants de première année du collège militaire.

« Quatre de ces individus sont allés dormir à un moment donné et quatre autres individus sont restés debout et ont malheureusement profané un Coran, a déclaré le lieutenant-général Charles Lamarre. Ils l’ont profané avec, si je ne me trompe pas, des fluides corporels, et il y avait peut-être du bacon, aussi. »

L’outrage au livre sacré a été filmé, et c’est lorsque les images ont commencé à circuler que les commandants militaires ont été mis au courant.

À la suite d’une enquête, les dossiers de trois élèves-officiers « ayant participé directement à l’outrage » ont été soumis au Directeur général de la division Carrières militaires. Celui-ci déterminera dans les prochaines semaines s’ils seront expulsés. Quant aux cinq autres témoins de la situation, des sanctions moins sévères leur ont été imposées.

Un blasphème qui sera puni

Le lieutenant-général Charles Lamarre insiste : la profanation de tout symbole religieux par un membre des Forces canadiennes ne sera pas tolérée.

« Qu’il n’y ait aucun doute dans l’esprit de qui que ce soit […] ces actes répugnants doivent être et seront condamnés dans les termes les plus fermes, et je sais qu’à cet égard, je parle au nom de l’ensemble des Forces armées canadiennes », a-t-il assuré.

Profaner un Coran est considéré comme blasphématoire par les musulmans et de tels gestes ont déjà déclenché de violentes manifestations et des émeutes meurtrières ces dernières années.

Le lieutenant-général Lamarre voit comme une bonne chose le fait que les vidéos des gestes présumés ne semblent pas avoir été partagées sur les réseaux sociaux. « C’était l’une des choses qui nous préoccupaient, car [les vidéos] peuvent être extrêmement choquantes pour un certain nombre de personnes », a-t-il dit.

M. Lamarre a néanmoins déclaré qu’il avait personnellement contacté un imam de Montréal, Hassan Guillet, pour discuter de la gestion de l’incident.

« Je n’ai pas vu la vidéo et je ne tiens pas à la voir. Ce sont des gestes inacceptables qui visent directement les musulmans, parce qu’on attaque leur livre sacré », a expliqué l’imam Guillet.

Malgré cet acte qu’il qualifie d’« ignoble », l’imam affirme ne pas être inquiet. « Je suis surtout soulagé de la réaction rapide et inclusive des Forces armées canadiennes », a-t-il dit. « Si on n’avait pas découvert ces gens-là à temps, ils auraient obtenu leur diplôme, peut-être que certains seraient un jour devenus lieutenants, mais leurs propres camarades n’ont pas hésité à les dénoncer, ce qui est rassurant », poursuit-il.

Un avis partagé par le lieutenant-général Lamarre. « Ça nous attriste vraiment. Cela nous donne l’impression [que certains] ne comprennent tout simplement pas, parfois », a confié M. Lamarre.

« Mais le fait est que la grande majorité d’entre eux comprennent. Et c’est pourquoi j’ai été heureux que ce soient les jeunes élèves-officiers eux-mêmes qui ont dit que ce n’était pas correct et qui l’ont rapporté. »