Un député réclame une enquête sur le prix de l’essence

Le prix de l’essence a dépassé le seuil de 1,50$ le litre d’ordinaire, à Montréal, mercredi.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le prix de l’essence a dépassé le seuil de 1,50$ le litre d’ordinaire, à Montréal, mercredi.

Ottawa — Le Bureau de la concurrence doit enquêter sur la hausse du prix de l’essence, estime le député Gabriel Ste-Marie.

« C’est drôle, c’est censé être des entreprises qui sont en concurrence et tous les détaillants augmentent le prix de l’essence en même temps », a-t-il constaté mercredi. Celui-ci a fait parvenir une lettre à l’organisme fédéral ainsi qu’au ministre de l’Innovation, Navdeep Bains, pour exiger qu’il se penche sur cette « apparence de collusion ». Le ministre a le pouvoir de demander une enquête en vertu de la Loi sur la concurrence.

Ses lettres ont été envoyées lors de la dernière flambée des prix il y a quelques semaines, mais le député du Groupe parlementaire québécois n’a toujours pas reçu de réponse.

Le prix de l’essence à Montréal atteignait près de 1,52 $ le litre d’ordinaire mercredi. C’est tout près du record historique de 1,53 $ le litre qui avait été atteint en juin 2014 à Montréal.

Sans indiquer si le ministre Bains allait demander une enquête du Bureau de la concurrence, son attaché de presse a signalé que cette hausse du prix de l’essence le préoccupe. « Nous comprenons et partageons les frustrations des citoyens, a affirmé Karl Sasseville. Nous évaluons présentement la situation afin de voir ce qui peut être fait. »

Cours du pétrole

Pour leur part, les cours du pétrole ont terminé en ordre dispersé mercredi, entre interrogations sur la production des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et la hausse surprise des stocks de brut et d’essence aux États-Unis. À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet a terminé à 79,80 $US sur l’Intercontinental Exchange (ICE), en hausse de 23 ¢US par rapport à la clôture de mardi. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour la même échéance, dont c’est le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, a cédé 36 ¢US, à 71,84 $US.

« Les investisseurs sont désormais pendus aux lèvres des représentants de l’OPEP, qui pourraient indiquer qu’ils vont relever leur production pour compenser des baisses », ont commenté les analystes de Cantor Fitzgerald. Le cartel s’est engagé fin 2016 avec dix autres producteurs, dont la Russie, à limiter leur production pour permettre au marché de retrouver l’équilibre alors que l’offre abondait.

Mais l’industrie pétrolière de deux poids lourds internationaux, le Venezuela et l’Iran, est menacée, et des informations de presse affirment que l’OPEP se préparerait à relever ses niveaux de production lors de sa prochaine réunion officielle, fin juin à Vienne. « Les analystes qui tablent sur un baril à plus de 100 $US oublient que la Maison-Blanche collabore étroitement avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis », a toutefois souligné Olivier Jakob, analyste chez Petromatrix. Alors que le prix de l’essence commence à grimper, le président Donald Trump pourrait faire pression sur son allié saoudien, premier exportateur mondial, pour compenser la hausse des prix provoquée par les tensions entre les États-Unis et l’Iran.

Un baril à 100 $US « pourrait par ailleurs freiner la croissance mondiale et in fine faire chuter la demande, ce qui n’est pas dans l’intérêt de l’OPEP », a également relevé Andy Lipow de Lipow Oil Associates.