Un programme de traitement de la toxicomanie pour les contrevenants est élargi

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée
La Cour du Québec élargit la portée d’un programme de traitement de la toxicomanie chez les contrevenants, pour rejoindre ceux qui sont toujours en attente de recevoir leur peine.

La juge en chef de la Cour du Québec, Lucie Rondeau, la juge en chef adjointe de la Chambre criminelle et pénale, Danielle Côté, ainsi que la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, en ont fait l’annonce lundi au palais de justice de Montréal.

Le Programme de traitement de la toxicomanie à Montréal, mis en place en 2012, n’était accessible qu’aux contrevenants en détention.

Les personnes accusées pourront ainsi suivre ce programme pendant quelques mois, avant l’énoncé de leur peine. Le traitement prend généralement de 12 à 18 mois, à partir du moment où l’accusé plaide coupable. Les participants devront toutefois se soumettre à plusieurs conditions, notamment pour rendre compte de leurs démarches, et pour subir des tests aléatoires de dépistage.

Un des cinq juges de la Chambre criminelle et pénale de la Cour du Québec sera responsable de ce programme.

Un contrevenant n’est pas automatiquement exclu s’il rechute ou s’il commet une autre infraction, a expliqué la juge en chef. Si une telle situation survient, un juge évaluera « à la lumière de l’ensemble de la situation si les objectifs du programme sont toujours réalistes ».

« Pour beaucoup d’entre eux, ce qui les amène à vouloir intégrer le programme, c’est le ras-le-bol des portes tournantes avec la prison. Pour d’autres, il en va de leur survie. Ils veulent sortir de cet enfer, veulent renouer avec leurs enfants, leurs familles », a déclaré la juge Danielle Côté.

Depuis sa mise en place en 2012, 235 personnes ont bénéficié du programme, et 53 d’entre elles ont atteint tous leurs objectifs, selon la Cour du Québec.

« Le programme a fait ses preuves, à un point tel où, en 2015, la ministre de la Justice de la France, Christiane Taubira, annonçait la mise en place d’un projet inspiré de notre expérience », a ajouté la juge Côté.

La ministre Stéphanie Vallée a souligné que cette annonce s’inscrivait dans la volonté du gouvernement de « transformer notre approche de la justice » pour qu’elle soit plus « humaine ».

« Même si ces initiatives-là n’ont pas nécessairement un impact direct sur la question des délais, elles ont un impact important dans la vie des citoyens », a-t-elle soutenu.

« Notre système de justice vise à réhabilité, vise à réinsérer socialement, et c’est dans cette optique-là que les différents organismes publics et communautaires offrent aux justiciables de participer à des programmes d’aide, à des thérapies et à des services de réadaptation en complément du processus judiciaire », a-t-elle ajouté.