Bilan de la SAAQ: hausse du nombre de morts sur les routes, surtout chez les jeunes

En 2017, 69 piétons ont perdu la vie sur les routes, contre 62 l’année précédente.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir En 2017, 69 piétons ont perdu la vie sur les routes, contre 62 l’année précédente.

Les jeunes de 15 à 24 ans ont été plus nombreux à mourir sur les routes en 2017, année au cours de laquelle le nombre de morts sur les voies routières du Québec a encore augmenté, après une courte embellie en 2016.

Au total, 359 personnes ont perdu la vie sur les routes en 2017, comparativement à 346 en 2016. En 2015, le bilan faisait état de 356 décès.

Pas moins de 75 jeunes de 15 à 24 ans ont perdu la vie en 2017, en hausse par rapport aux 46 de l’année précédente et aux 55 de 2015.


Ces chiffres sont pour la plupart consignés dans les « faits saillants » du bilan routier 2017 de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), présentés mardi. La SAAQ n’a pas cru bon publier l’ensemble de son bilan, notamment parce que c’est « un gros document », selon une porte-parole. Seules les grandes lignes du bilan ont été fournies aux médias.

En cinq ans, c’est la première fois que le nombre de morts chez les jeunes augmente par rapport à l’année précédente. Selon les chiffres avancés par le ministre des Transports, André Fortin, le tiers des décès chez les jeunes sont dus à la vitesse ou à une conduite imprudente.

La plupart de ces accidents ont lieu le jour, puisque 20 % d’entre eux sont survenus entre minuit et quatre heures du matin, toujours selon le ministre.

La distraction au volant

Le nombre de décès attribuables à la « distraction » au volant a quant à lui augmenté, passant de 106 en 2016 à 118 en 2017.

Selon la SAAQ, la distraction au volant explique 34 % des décès sur les routes, en moyenne, depuis 2013. En comparaison, la vitesse et la fatigue auraient respectivement été à l’origine de 33 % et de 22 % des décès, en moyenne, au cours de la même période. Les données sur l’alcool au volant concernent quant à elles les années 2012 à 2016 : en moyenne, l’autopsie de 30 % des personnes décédées a révélé la présence d’un taux d’alcoolémie supérieur à la limite légale de 0,08 mg par 100 ml de sang. « La distraction a pris une place importante dans les causes d’accident avec décès au Québec. Et je parle de distraction de toute nature. Elle peut prendre différentes formes, venir autant de l’extérieur du véhicule que de l’intérieur de celui-ci », a commenté la présidente et chef de la direction de la SAAQ, Nathalie Tremblay.

Piétons et cyclistes

La situation n’est guère plus reluisante pour les piétons, dont le nombre de décès a augmenté de 25 % depuis 2012. En 2017, 69 piétons ont perdu la vie sur les routes, contre 62 l’année précédente. « Le constat est particulièrement alarmant, a déclaré le ministre Fortin. Il y a plus d’accidents dans l’obscurité et près du tiers des accidents surviennent entre 16 h et 20 h ».

 

La situation paraît meilleure du côté des cyclistes : le nombre de morts a diminué de 11,3 % au cours des six dernières années. Entre 2016 et 2017, ce chiffre a cependant augmenté : 11 cyclistes ont perdu la vie en 2017, comparativement à 8 en 2016.

Le bilan du Service de police de la Ville de Montréal, aussi dévoilé mardi, permet par ailleurs de fournir un éclairage local à ces données. En 2017, quatre cyclistes sont morts sur les routes de la métropole, par rapport à deux l’année précédente. Le nombre de décès chez les piétons est resté stable, à 15. Les constats d’infraction remis aux cyclistes et aux piétons ont bondi, une évolution qui est constante au fil des ans. Ils sont passés de 11 785 en 2016 à 12 644 en 2017 chez les premiers et de 22 304 à 23 861 chez les seconds.