La pluie provoque des inondations et des évacuations préventives

La Ville de Lévis a procédé à l’évacuation de 37 résidences et à quelques fermetures de rues en raison du débordement de la rivière Beaurivage.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir La Ville de Lévis a procédé à l’évacuation de 37 résidences et à quelques fermetures de rues en raison du débordement de la rivière Beaurivage.

Près de 300 résidences ont été inondées lundi au Québec en raison des crues printanières. Les précipitations des derniers jours ont entraîné le débordement de quelques cours d’eau, menant à plusieurs évacuations préventives. D’autres inondations pourraient se produire, mais loin du niveau exceptionnel de l’an dernier.

Les crues ont atteint leur sommet lundi avant-midi en Chaudière-Appalaches et dans le Centre-du-Québec, a fait savoir au Devoir Pierre Corbin, directeur des opérations chez Hydro Météo. Plus de 40 millimètres de pluie sont tombés dans ces régions. Les niveaux des eaux se sont stabilisés dans plusieurs secteurs en fin de journée, ce qui devrait entraîner une accalmie jusqu’à mercredi.

Un nouveau système météo est attendu mercredi, mais ce dernier était encore incertain lundi soir, a indiqué le directeur des opérations de la sécurité civile, Jean Savard. « Ça pourra occasionner d’autres périodes d’inondations cette semaine. L’effet se fera sentir jeudi et vendredi. »

Photo: Renaud Philippe Le Devoir

La situation la plus préoccupante, lundi, a été observée à Sainte-Marie, en Beauce, en raison du débordement de la rivière Chaudière. Quelque 250 résidences y ont été inondées. « Il s’agit principalement d’eau dans le sous-sol, on ne parle par d’inondation majeure », précise M. Savard.

La rivière Beaurivage, un des tributaires de la rivière Chaudière, est également sortie de son lit dans le secteur de Saint-Étienne-de-Lauzon, à Lévis, menant à l’évacuation préventive de 37 résidences.

Des évacuations préventives ont aussi eu lieu à Weedon, en Estrie, en raison du débordement du lac Louise.

Les abords de la rivière Saint-Charles, en amont de la rivière Lorette dans la région de Québec, sont également aux prises avec des inondations moyennes.

Photo: Renaud Philippe Le Devoir

D’autres cours d’eau ont causé des inondations mineures, notamment la rivière des Mille Îles à Terrebonne et le lac Maskinongé à Saint-Gabriel-de-Brandon.

Des bénévoles de la Croix-Rouge prêtent main-forte depuis la fin de semaine dans la plupart des zones touchées.

Région de Montréal

Les précipitations ont été moins abondantes dans l’ouest du Québec. L’eau de la rivière des Mille Îles a notamment débordé sur les berges à Laval, dans les quartiers de Laval-Ouest et de Fabreville.

Des crues pourraient survenir au cours des prochains jours au nord du fleuve Saint-Laurent, alors que la neige au sol devrait fondre. « Les niveaux sont toujours à la hausse et il va sûrement s’ajouter un peu de pluie à ça », détaille Pierre Corbin.

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C’est le nombre de familles qui vivent toujours à l’hôtel, un an après les inondations du printemps 2017, selon la Croix-Rouge canadienne. La plupart de ces familles sont issues des régions de Montréal et de Gatineau.

On ne craignait pas de débordement dans la région de Montréal lundi soir. « S’il tombe de grosses quantités de pluie, ça pourrait dégénérer, mais ce n’est pas prévu pour l’instant », précise M. Corbin.

Un résident d’Ahuntsic-Cartierville, sinistré en 2017, a envoyé au Devoir des photos montrant un léger débordement de la rivière des Prairies dans ce secteur.

Chose certaine, les inondations ne seront pas de la même ampleur que l’an dernier.

« Ça ne se compare pas », a assuré le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, lundi après-midi. Contrairement à l’an dernier, la fonte des neiges s’est produite graduellement ce printemps, a-t-il expliqué.

Selon le ministre, les inondations en cours au Québec ont lieu dans des secteurs où elles sont fréquentes.

Nouveau-Brunswick

La situation est plus critique au Nouveau-Brunswick. Le centre-ville de Fredericton était toujours inondé lundi, mais le niveau du fleuve Saint-Jean semblait se stabiliser.

La Croix-Rouge canadienne a indiqué qu’une soixantaine d’occupants de 26 résidences avaient été évacués par les autorités, sans compter ceux qui étaient déjà partis d’eux-mêmes depuis les crues de vendredi.