Viol collectif: les trois adolescents accusés seront détenus à domicile

Selon Me Murias, la façon dont ont été rédigées les conditions de détention assurera la protection de la victime.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Selon Me Murias, la façon dont ont été rédigées les conditions de détention assurera la protection de la victime.

L’adolescente de 13 ans victime d’un viol collectif le mois dernier pourrait recroiser ses agresseurs à l’école. Puisqu’ils sont mineurs, ceux-ci ont obtenu mercredi une détention à domicile, qui prévoit entre autres leur retour en classe.

« Il y a des personnes impliquées dans le dossier qui vont à la même école [que la victime], c’est pourquoi ils ont des conditions strictes à respecter si elles devaient se retrouver dans la même classe », a indiqué Tiago Murias, l’avocat d’un des jeunes accusés.

Selon Me Murias, la façon dont ont été rédigées les conditions de détention assurera la protection de la victime.

Les trois adolescents — deux garçons et une fille — accusés dans cette affaire d’agression sexuelle en groupe devront être sous la supervision de leurs parents en tout temps.

« Ce sont des enfants d’âge scolaire, des enfants qui doivent être scolarisés, et les conditions doivent permettre que ces mineurs-là aillent à l’école », a ajouté Me Murias.

Mercredi, devant la Chambre de la jeunesse de la Cour du Québec, les trois jeunes sont restés impassibles alors que leurs parents s’engageaient à les surveiller « 24 heures sur 24 ».

La juge Pauline R. Laforce leur a précisé qu’ils ne sont pas remis en liberté, mais bien détenus à domicile et sous surveillance d’une « personne digne de confiance ».

Les adolescents, âgés de 13 à 15 ans, n’auront pas le droit d’utiliser les réseaux sociaux. D’ailleurs, il leur est interdit d’avoir accès à tout appareil électronique ayant Internet, notamment cellulaire et ordinateur.

Une liste d’adolescents avec lesquels ils ne peuvent entrer en contact a également été dressée. Pour éviter qu’ils ne croisent la victime, ils devront d’ailleurs être reconduits tous les jours à l’école par leurs parents.

Rappelons que, lundi, le 98,5 FM a révélé que le viol collectif a été filmé puis partagé sur les applications Whatsapp et SnapChat.

L’agression en groupe aurait eu lieu lors d’une fête privée dans un appartement de Montréal-Nord. Toujours selon le 98,5 FM, c’est le frère aîné de la victime qui aurait vu les images et reconnu sa soeur. Il aurait ensuite alerté leur père.

« C’est désolant pour la personne à qui on a fait subir ça », a commenté le père de l’adolescente accusée dans cette affaire.

Un quatrième adolescent, âgé de 15 ans, doit comparaître jeudi devant la Chambre de la jeunesse. Un cinquième suspect fait toujours l’objet d’une enquête du SPVM.