Journaliste arrêté: le Commissaire à la déontologie policière fera enquête

Le directeur du Service de police de la Ville de Gatineau, Mario Harel
Photo: Fred Chartrand La Presse canadienne Le directeur du Service de police de la Ville de Gatineau, Mario Harel

Une enquête se tiendra pour déterminer s’il y a matière à citation devant le Comité de déontologie policière relativement à l’arrestation d’un journaliste de Radio-Canada à Gatineau.

Un professeur de cégep de la région de Montréal, qui avait déposé une plainte en déontologie contre la police de Gatineau en faisant valoir une « atteinte à la démocratie », a reçu une lettre, mercredi, l’avisant de la conclusion de l’étude préliminaire de sa plainte dans le dossier.

Dans cette lettre, transmise à La Presse canadienne par le professeur Vania Atudorei, le Commissaire à la déontologie policière, Marc-André Dowd, indique qu’il procédera à la désignation d’un enquêteur dans les 15 prochains jours. Le rapport d’enquête devrait être remis au commissaire dans un délai de six mois, à moins de circonstances exceptionnelles, mentionne la lettre.

Le journaliste Antoine Trépanier avait été arrêté par la police de Gatineau le 13 mars, après qu’Yvonne Dubé, qui faisait l’objet d’une enquête journalistique, eut porté plainte contre lui pour harcèlement criminel. Mme Dubé est la directrice générale des Grands frères et Grandes soeurs de l’Outaouais.

Le directeur du Service de police de la Ville de Gatineau, Mario Harel, avait admis plusieurs jours plus tard que le policier ayant géré le dossier « n’avait pas évalué adéquatement la situation ». Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a décidé de ne pas porter d’accusation contre le journaliste.

M. Atudorei, qui a mentionné que le journaliste en question était son ancien étudiant, estime que le policier n’a pas fait les vérifications nécessaires avant de procéder. Il espère que sa plainte mènera à une sanction contre lui.

En entrevue avec La Presse canadienne, mardi, le professeur de microbiologie au cégep Gérald-Godin a estimé qu’on ne pouvait tolérer une telle situation dans un État de droit.

« Pour moi, c’était une atteinte à la démocratie. Demain, il pourrait y avoir un autre journaliste si on ne dit rien », a fait valoir M. Atudorei.

« Je ne vise pas une personne. Je vise une pratique et je vise un dysfonctionnement dans nos services publics. »