Les OPM du Canada francophone vers un renouveau

Émilie Corriveau Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

En juin 2016, à l’occasion de leur assemblée générale annuelle, le pape François exhortait les Oeuvres pontificales missionnaires (OPM) du monde entier à se renouveler. Au printemps suivant, le Saint-Père réitérait sa demande et annonçait dans la foulée que le mois d’octobre 2019 serait extraordinairement consacré à la mission. Vivifiées par ces encouragements, les OPM du Canada francophone se sont lancées dans une vaste démarche de revitalisation.

« En juin 2016, j’étais depuis peu directeur et c’était la première fois que je rencontrais le pape François », relate le père Yoland Ouellet, directeur national des Oeuvres pontificales missionnaires du secteur français au Canada, à propos de l’assemblée générale annuelle des OPM lors de laquelle le Saint-Père a explicitement invité ces dernières à se renouveler.

« Il parlait d’une réforme adéquate, d’un authentique renouvellement pour le bien de la formation continue à la mission de toute l’Église. Ça m’a beaucoup fait réfléchir », indique-t-il. Au cours des semaines et des mois qui ont suivi, le père Ouellet s’est posé toutes sortes de questions quant à la nature et à la forme du renouveau qu’il devrait orchestrer au Canada francophone.

La réanimation de l’Union pontificale missionnaire, l’Oeuvre qui a pour responsabilité de sensibiliser les animateurs des paroisses à la Mission et de promouvoir la conscience missionnaire chez les séminaristes, les prêtres, les religieux et les laïcs engagés dans l’Église, s’est naturellement imposée comme priorité.

« Au Canada francophone, nous avons trois oeuvres dynamiques. Il y a l’Oeuvre pontificale de la propagation de la foi, qui contribue à la vie des diocèses pour l’évangélisation et la catéchèse, l’Oeuvre pontificale de Saint-Pierre-Apôtre, qui se soucie de la relève sacerdotale et de la formation des séminaristes, et l’Oeuvre pontificale de l’enfance missionnaire, qui s’occupe de projets liés à l’éducation et à l’évangélisation des jeunes. Dans ce contexte de renouveau, il m’est apparu très important de remettre sur pied l’Union pontificale missionnaire. Elle a déjà existé ici, mais elle n’est plus en activité depuis longtemps. On travaille présentement à la réanimer. »

Une nouvelle stratégie de communication

Mais là n’est pas la seule action que les OPM du Canada francophone ont entreprise pour répondre à l’exhortation de renouveau du pape François. Celles-ci ont également décidé de revoir leur stratégie de communication afin d’améliorer leur visibilité et de rejoindre le public plus efficacement.

« Je trouvais que les oeuvres n’étaient pas suffisamment connues au Canada francophone et que ce nous faisions était aussi méconnu. Plusieurs pensent que notre mission, c’est de recueillir des fonds, mais c’est beaucoup plus que ça ! Donc, au printemps dernier, j’ai fait analyser et critiquer par des experts de la firme Torchia Communications tout notre travail de communication, nos sites Web, etc. On a élaboré avec elle un plan de communication marketing qui va nous permettre de renforcer notre service dans tous les domaines », indique le père Ouellet.

Notamment, les OPM ont choisi de regrouper leurs anciennes publications pour n’en faire qu’une seule. La revue Univers, qui était autrefois distribuée tous les trimestres, n’est désormais publiée que deux fois l’an. Cependant, elle est maintenant distribuée gratuitement à l’ensemble des abonnés des OPM canadiennes, soit à plus de 11 500 personnes, alors que l’an dernier, elle n’était imprimée qu’à 700 exemplaires. De plus, cette dernière contient maintenant un fascicule détachable de nouvelles et d’informations concocté par Mond’Ami à l’intention des jeunes, de même que le bulletin La Barque de Pierre, qui est produit par l’Oeuvre pontificale de Saint-Pierre-Apôtre.

Dans le même esprit, les OPM du Canada francophone ont entamé un réalignement de leur présence sur le Web. « On a toujours eu un site Internet dans lequel on mettait tout, et c’était assez étourdissant quand on voulait connaître une oeuvre en particulier, explique le père Ouellet. Là, on va avoir un site général qui va s’appeler OPM Canada et qui servira de point de départ aux gens, mais on aura aussi un site pour chacune des oeuvres. »

Dans la foulée, deux des Oeuvres pontificales seront rebaptisées. Celle de Saint-Pierre-Apôtre sera appelée Prêtres de demain et celle de la Propagation de la foi, Mission foi. Ni l’Enfance missionnaire, qui est déjà connue depuis plusieurs années comme Mond’Ami, ni l’Union pontificale missionnaire ne changeront de nom.

« On a étudié les objectifs de chacune des oeuvres, on a refait les chartes et on leur a donné des noms plus contemporains, précise le père Ouellet. On voulait que ces noms-là évoquent plus clairement ce que font les oeuvres. »

Le 10 avril prochain, les OPM du Canada francophone dévoileront aussi trois nouveaux logos créés spécialement pour mieux représenter leurs oeuvres. Signe que l’organisation désire réellement s’ancrer dans la modernité, l’événement sera diffusé en Facebook Live.