Approfondir sa foi

Hélène Roulot-Ganzmann Collaboration spéciale
Durant dix mois, une dizaine de jeunes ont décidé de vivre une année universitaire en théologie dans les locaux du centre de formation chrétienne Agapê à Québec, mais aussi à l’Université Laval.
Photo: Jolanta Okupniarek Centre Agapê Durant dix mois, une dizaine de jeunes ont décidé de vivre une année universitaire en théologie dans les locaux du centre de formation chrétienne Agapê à Québec, mais aussi à l’Université Laval.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Au centre de formation chrétienne Agapê, une dizaine de jeunes vivent ensemble dix mois durant, partageant leur foi, mais aussi toutes les tâches inhérentes à la vie communautaire.

Tous arrivent à la fin du mois d’août pour une année universitaire en théologie dans les locaux du centre de formation chrétienne à Québec, mais aussi à l’Université Laval. Ils viennent d’horizons très divers et n’en sont pas tous au même point dans leur cheminement spirituel. Mais tous ont le désir d’approfondir leur foi.

« C’est le critère le plus important dans notre sélection, explique le directeur adjoint du centre, Réjean Bernier. Ce désir de mieux se connaître, de donner un sens à sa vie. Au départ, personne ne se connaît et au fil des expériences qu’ils vont partager, ils vont apprendre à connaître les autres, tout en se connaissant mieux eux-mêmes. Ils vont accepter la différence. C’est une acquisition très importante ensuite dans la vie de tous les jours. »

Les repas sont pris en commun avec le personnel d’animation. On se parle, on s’écoute. Toute situation peut faire l’objet d’un enseignement puisqu’il ne s’agit pas de remplir les têtes, mais d’alimenter les coeurs pour qu’ils s’ouvrent aux autres. Au coeur de l’expérience, il y a bien évidemment la vie spirituelle et intérieure faite de prières et de louanges. La messe également trois fois par semaine, mais qui représente elle-même une occasion de célébrer ensemble et de partager ses expériences plutôt que de subir des prêches à n’en plus finir.

« Il s’agit d’approfondir sa relation avec le Christ, explique M. Bernier. La parole circule. Quand nous avons des invités, en général, ils nous disent, seigneur ! je ne pensais pas que ça pouvait être ça, une messe ! »

Allumer le feu intérieur

Au centre Agapê, l’objectif n’est donc pas de remplir des cerveaux, mais bien d’apprendre les uns des autres. Et l’enseignement n’est d’ailleurs pas unilatéral. Même s’il n’y a pas de confusion des rôles, le directeur adjoint raconte qu’il peut lui-même très bien faire la vaisselle. Ici, l’équipe d’animation fait corps avec les participants.

« Nous sommes des disciples qui accompagnent d’autres disciples, précise M. Bernier. Chaque parcours est coloré de son expérience, de sa trajectoire. Nous nous accompagnons mutuellement afin de mieux discerner ce qui est important dans nos vies. Aujourd’hui, la vie nous propose une multitude d’options, ce cheminement en communauté apporte à tous un éclairage pour mieux choisir. »

Dans ce contexte, Réjean Bernier salue l’initiative du Synode sur la jeunesse et le questionnaire planétaire présynode. Parce qu’il amène les jeunes à se questionner sur leurs aspirations. Pas sur le film qu’il aimerait voir au cinéma, leur vedette préférée ou la marque la plus cool. Mais bien sur leurs attentes et les défis qui se dressent devant eux.

« On leur demande ce qu’ils portent au fond d’eux-mêmes, ce qui les anime, ce qui allume leur feu intérieur, conclut-il. Il y a peu d’espaces qui offrent cette possibilité. Avec ce synode, le pape François semble vouloir aller dans cette direction et ouvrir les portes de l’Église plus largement aux jeunes. Ça me paraît être un pas dans la bonne direction. »