Québec veut offrir plus de flexibilité aux familles

Les mesures annoncées n’entraîneront donc pas de coûts supplémentaires pour les employeurs, a promis le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais. <br />
 
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Les mesures annoncées n’entraîneront donc pas de coûts supplémentaires pour les employeurs, a promis le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais. 
 

La banque de 10 jours de congés payés offerte aux parents de jeunes enfants va améliorer la qualité de vie des familles, tout en contribuant à positionner avantageusement le gouvernement libéral lors de la prochaine campagne électorale, a commenté le ministre François Blais jeudi, en déposant son projet de loi 174.

Le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale a déposé son projet très attendu de réforme du régime d’assurance parentale (RQAP), confirmant l’information diffusée la veille par La Presse canadienne selon laquelle une des mesures phares serait la possibilité pour les parents de se constituer une banque de congés payés, qu’ils pourraient écouler au cours des trois années suivant la naissance d’un enfant.

Il s’agit là « de la plus importante innovation de cette réforme », a indiqué le ministre en conférence de presse après le dépôt de son projet de loi.

Souplesse et flexibilité sont les mots-clés de la réforme proposée.

L’autre point fort du projet de loi consiste à permettre aux parents d’étaler sur deux ans leur congé parental, qui peut durer un an au maximum. Ils pourront donc prendre jusqu’à une année en continu ou préférer faire alterner les périodes de travail et de congé pendant deux années, après entente avec leur employeur.

Le régime québécois d’assurance parentale, créé en 2006, est en bonne situation financière, a assuré le ministre, anticipant même une diminution des cotisations dans les prochaines années.

Les mesures annoncées n’entraîneront donc pas de coûts supplémentaires pour les employeurs, promet le ministre.

Pour Québec, qui ne finance pas le régime, le coût de la facture est estimé à 50 millions de dollars, un montant « de plus dans les poches des parents québécois pour pouvoir s’occuper plus facilement de leurs enfants », a dit le ministre.

50 millions
C'est le coût estimé des mesures annoncées dans le projet de réforme

Il reste cependant peu de temps au gouvernement, avant l’ajournement de la mi-juin, pour faire adopter sa réforme, qu’il présentera sûrement comme un atout dans son bilan gouvernemental, lors du scrutin du 1er octobre.

Chose certaine, le gouvernement croit qu’il se présentera à la ligne de départ de la campagne électorale en bonne position pour rivaliser avec la Coalition avenir Québec (CAQ), qui a fait du soutien aux familles un enjeu prioritaire.

Mais les libéraux vont se distinguer de la CAQ par leur approche, qui elle n’a « rien de nataliste », a commenté M. Blais.

Pour échafauder son projet de réforme, il dit s’être inspiré des pratiques en vigueur dans les pays sociodémocrates.

« Je pense qu’on a quelque chose qui nous ressemble comme parti, a-t-il ajouté, qui est lié aux orientations du premier ministre et, je pense, qui est distinct aussi de ce que pourrait proposer éventuellement la CAQ. »

Le ministre Blais a rejeté du revers de la main les critiques provenant du monde patronal. Contrariée par les mesures annoncées et leur impact possible sur les PME, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a réclamé jeudi que le régime soit financé désormais en parts égales (50-50) entre les employés et les employeurs. Actuellement, le régime est financé à 60 % par les employeurs.

Pas question, a répliqué le ministre Blais. « Les sociétés aujourd’hui qui ont des régimes généreux d’assurance parentale ou du genre sont des sociétés où les taux de participation sur le marché du travail sont très élevés et c’est ce dont les entreprises ont besoin de nos jours », selon lui.

La réforme du régime d’assurance parentale en bref

- Banque de 10 jours de congés offerte aux parents, à écouler au cours des trois années suivant la naissance de l’enfant ;
- Le congé parental d’un an pourra être pris en continu ou étalé sur deux ans ;
- Les parents adoptifs obtiennent cinq semaines additionnelles de congés ;
- Les femmes ayant une grossesse multiple auront droit à cinq semaines additionnelles de congés ;
- Le RQAP prévoit un congé parental maximal de 55 semaines, dont 18 semaines à 70 % du salaire pour la mère et cinq semaines pour le père, à 70 % de son salaire ;
- Au total, 211 000 parents se partagent cette année près de 2 milliards de prestations.