Mark Zuckerberg promet d’en faire plus

Mark Zuckerberg promet que sa compagnie fera enquête sur les applications qui ont eu accès à de grandes quantités d’informations avant les changements de 2014.
Photo: Nam Y. Huh Associated Press Mark Zuckerberg promet que sa compagnie fera enquête sur les applications qui ont eu accès à de grandes quantités d’informations avant les changements de 2014.

Sortant de son mutisme des derniers jours, le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, a reconnu mercredi que son entreprise a fait des erreurs en ce qui concerne la protection des données et que, malgré ses efforts des dernières années, la plateforme en fera plus pour accroître la sécurité de ses utilisateurs.

« J’ai créé Facebook et je suis donc responsable de ce qui survient sur notre plateforme. Je suis sérieux dans mon intention de faire le nécessaire pour protéger notre communauté », a-t-il déclaré par l’entremise de sa page Facebook personnelle, s’exprimant pour la première fois depuis les révélations de la fin de semaine concernant Cambridge Analytica.

La « bonne nouvelle » est que les actions les plus importantes ont été prises il y a quelques années pour éviter que le scandale dévoilé ces jours-ci ne se reproduise, a-t-il précisé, tout en annonçant que Facebook posera d’autres gestes sous peu.

Il promet que sa compagnie fera enquête sur les applications qui ont eu accès à de grandes quantités d’informations avant les changements de 2014, qu’elle limitera la quantité de données pouvant être transmises aux applications et qu’elle mettra en évidence l’outil permettant de révoquer l’accès à ces données.

Cet outil sera désormais visible en haut du fil d’actualité, plutôt que d’être dissimulé dans la section « Paramètres », a expliqué M. Zuckerberg.

Données accessibles

Le scandale impliquant Facebook et Cambridge Analytica a mis en évidence une forme méconnue de partage d’informations sur le populaire réseau social. Et heureusement pour ceux qui ne veulent pas aller jusqu’à se désabonner complètement, il existe plusieurs façons de protéger l’accès à ses données.

« Pour les gens qui n’ont jamais porté attention à leurs réglages Facebook, je pense que c’est une bonne occasion de prendre le temps d’aller les regarder », affirme le professeur au Département d’informatique de l’UQAM Sébastien Gambs.

Même si vous ajustez les paramètres de confidentialité de votre compte Facebook, qui vous permettent de décider qui peut voir vos publications ou qui peut consulter votre liste d’amis, vos données peuvent être transmises aux applications que vous avez utilisées en vous connectant avec le réseau social.

Depuis 2014, Facebook ne permet plus aux applications de collecter automatiquement les informations de vos amis sans leur permission. C’est cette fonctionnalité qui avait permis à Cambridge Analytica de mettre la main sur les données de dizaines de millions d’utilisateurs.

Les applications que vous utilisez peuvent malgré tout avoir accès à une foule de données sur vous, comme votre liste d’amis, votre date de naissance, vos mentions « j’aime » ou encore les photos que vous avez importées ou sur lesquelles vous êtes identifié. Les applications utilisées par vos amis peuvent également obtenir certaines informations contenues dans votre profil et connaître vos principaux intérêts.

Faire le tri

« Chaque application peut demander d’accéder à une quantité d’informations plus ou moins importantes, et ce qui arrive souvent, c’est qu’elles collectent beaucoup plus de données qu’elles en ont besoin pour leur service, explique le professeur Gambs. J’encourage les gens à aller voir chacune des applications qu’ils ont installées sur Facebook, à vérifier les permissions et à révoquer celles qu’ils jugent non nécessaires. »

« Sans aller vivre dans une caverne, je pense qu’on peut grandement minimiser les risques en allant configurer les réglages et en ayant les bons réflexes, comme ne pas accepter n’importe quel ami ou n’importe quelle application qu’on nous propose », ajoute-t-il.

 

L’autre option consiste à se débrancher complètement de Facebook, comme le suggère depuis mardi le mot-clic #DeleteFacebook. Selon M. Gambs, la vague de désabonnements que pourrait subir le géant américain au cours des prochaines semaines sera toutefois insuffisante pour le faire tomber. « Je ne pense pas que Facebook va mourir. »