L’UPAC arrête cinq personnes, dont l’ex-maire de Terrebonne

Les cinq personnes arrêtées devront comparaître le 2 mai prochain au palais de justice de Saint-Jérôme.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les cinq personnes arrêtées devront comparaître le 2 mai prochain au palais de justice de Saint-Jérôme.

L’Unité permanente anticorruption (UPAC) a arrêté jeudi matin l’ex-maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille, ainsi que quatre autres personnes, relativement à une affaire de stratagème allégué de corruption à la Ville de Terrebonne.

Tôt jeudi matin, les policiers ont d’abord arrêté Daniel Bélec, ancien directeur de cabinet de l’ex-maire Robitaille, Jean Leroux, ingénieur et ex-président de la firme LBHA, Luc Papillon, ancien directeur général de la Ville de Terrebonne, et l’entrepreneur Normand Trudel.

Jean-Marc Robitaille, qui était recherché, faisait l’objet d’un mandat d’arrestation. Il a été arrêté plus tard en matinée à son chalet de Saint-Jean-de-Matha.

Ces cinq personnes sont accusées d’abus de confiance et de corruption dans les affaires municipales. L’UPAC les soupçonne d’avoir participé, entre 2001 et 2012, à un système de partage des contrats afin de favoriser des firmes d’ingénierie de même que certains entrepreneurs.

Dans le cadre de cette enquête baptisée Médiator, l’UPAC avait bloqué, en septembre 2017, les biens appartenant à Jean-Marc Robitaille pour un montant de 93 887 $ relativement à des travaux effectués à son chalet.

« La preuve recueillie dans cette enquête criminelle tend à démontrer qu’un élu et des fonctionnaires de Terrebonne recevaient d’importants avantages personnels en échange, entre autres, de changement de zonage ou d’informations privilégiées dans le cadre d’appels d’offres de la Ville », a expliqué l’UPAC par voie de communiqué.

Les cinq personnes arrêtées ont été conduites au quartier général de la Sûreté du Québec pour être interrogées. Elles devront comparaître le 2 mai prochain au palais de justice de Saint-Jérôme.

L’avocat de Jean-Marc Robitaille, Me Daniel Rock, s’est dit indigné que l’UPAC ait présenté l’ancien maire comme un individu « recherché ». « C’est ridicule. Ça faisait comme s’il se sauvait et se cachait. Lorsqu’ils [les policiers] se sont présentés à son domicile, sa femme leur a dit qu’il était à son chalet, a-t-il expliqué. Ils enquêtent sur le chalet depuis des mois. Il y a eu des articles complets sur qui a bâti le chalet, où il a pris les planches et à quelle place il a acheté les clous. Et tout d’un coup, il est disparu ! »

Rappelons qu’après 19 ans à la mairie de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille a remis sa démission en novembre 2016 en invoquant des raisons de santé. Quelques mois auparavant, l’UPAC avait mené des perquisitions à sa résidence et à celles de plusieurs membres de sa garde rapprochée, ainsi qu’à l’hôtel de ville de Terrebonne.

En 2014, dans la foulée de la commission Charbonneau, il avait dû reconnaître avoir menti au sujet de ses liens avec Tony Accurso. Il avait alors admis avoir séjourné sur le bateau de l’entrepreneur tous frais payés.

Pour sa part, l’entrepreneur Normand Trudel a été condamné à 15 mois de prison en mars 2017 pour avoir participé à un stratagème de financement politique illégal au profit du parti de l’ex-maire de Mascouche Richard Marcotte.

Les accusés et leurs chefs d’accusation

Daniel Bélec

• Abus de confiance (Art. 122)

• Corruption dans les affaires municipales (Art. 123 (1) c)

 

Jean Leroux

• Abus de confiance (Art. 122)

• Corruption dans les affaires municipales (Art. 123 (1) c)

 

Luc Papillon

• Abus de confiance (Art. 122)

• Corruption dans les affaires municipales (Art. 123 (1) c)

 

Jean-Marc Robitaille

• Abus de confiance (Art. 122)

• Corruption dans les affaires municipales (Art. 123 (1) c)

 

Normand Trudel

• Abus de confiance (Art. 122)

• Corruption dans les affaires municipales (Art. 123 (1) c)