Le jeune Ariel Jeffrey Kouakou toujours introuvable

<p>Ariel Jeffrey Kouakou a quitté son domicile vers midi lundi pour aller chez un ami, mais il n’a pas été aperçu depuis.</p>
Photo: SPVM

Ariel Jeffrey Kouakou a quitté son domicile vers midi lundi pour aller chez un ami, mais il n’a pas été aperçu depuis.

Les policiers de Montréal poursuivent leurs recherches dans Cartierville, jeudi, dans l’espoir de localiser le petit garçon de 10 ans qui demeure introuvable depuis près de 72 heures dans le nord-ouest de la ville.

 

Un hélicoptère de la Sûreté du Québec survole le secteur, jeudi, et les berges de la rivière des Prairies où Ariel Jeffrey Kouakou a été vu pour la dernière fois sont minutieusement ratissées. Des embarcations pneumatiques ont été mises à l’eau jeudi et des policiers ont patrouillé dans l’arrondissement pendant la nuit.

 

Les chutes de neige abondantes de mercredi nuisent cependant à la localisation d’indices au sol, mais Jean-Pierre Brabant, relationniste médias au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), assure que « les efforts et le temps ne sont pas comptés ».

 

Parallèlement aux recherches sur le terrain, les enquêteurs vérifient plus de 120 informations parvenues depuis mardi. Mais jusqu’ici, aucune piste n’a été dégagée, ce qui est assez rare dans un tel dossier, convient M. Brabant : « un jeune garçon disparu depuis plus de trois jours, surtout dans un quartier résidentiel, où personne n’a vu quoi que ce soit aux alentours. »

 

L’envoi de plongeurs dans la rivière des Prairies n’avait pas encore été décidé, jeudi. Le père du garçon, Frédéric Kouakou, qui a participé aux recherches mercredi, ne croit pas que l’enfant soit allé au bord de l’eau, et il rejette aussi la thèse de la fugue. La police, elle, n’écarte aucune hypothèse, incluant l’enlèvement — même si ce n’est pas la plus probable.

 

Le SPVM a stationné un poste de commandement mobile à l’intersection du boulevard Gouin et de la rue Poincaré, dans le secteur Nouveau-Bordeaux. Les personnes qui croient détenir des informations pouvant aider à localiser le garçon disparu sont invitées à s’y présenter. Le SPVM demande par ailleurs à chaque résidant du quartier d’inspecter la cour de sa résidence et les environs.

 

Des patrouilleurs faisaient encore jeudi du porte-à-porte afin de tenter de reconstituer le fil des événements. Les policiers à cheval poursuivaient les recherches sur les berges, du haut de leur monture, et une trentaine de bénévoles sont venus encore donner un coup de main. La police lance d’ailleurs un appel aux citoyens qui voudraient venir aider les patrouilleurs et la famille.

 

Saint Rodney Yoh était là, jeudi matin, pour faire du porte-à-porte afin de reconstituer l’itinéraire emprunté par l’enfant. « Comme on dit chez nous en Afrique : le malheur, quand il vient, il vient pour tous. Comme le bonheur », a-t-il confié.

 

Ariel Jeffrey Kouakou mesure 1m40 (environ 4 pieds 8) et pèse 40 kg (environ 90 livres) ; il a la peau noire, les yeux noirs et les cheveux noirs, et il s’exprime en français. Au moment de sa disparition, il portait un manteau noir à capuchon, un pantalon gris et des souliers jaunes. Toute personne ayant de l’information à communiquer concernant cette disparition peut le faire de façon anonyme et confidentielle à Info-Crime Montréal, au 514 393-1133, ou en composant le 9-1-1.

 

L’enfant avait quitté son domicile de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville vers midi, lundi, pour se rendre chez un ami, mais il n’a pas été aperçu depuis. La police a rencontré mardi soir une dame qui aurait aperçu le garçon lundi, vers 14 h, dans le parc des Bateliers. Selon la police, le garçon se serait rendu à destination chez son ami, et voyant qu’il était absent, il aurait voulu revenir chez lui. C’est à ce moment que la dame aurait pu le voir dans le parc des Bateliers.

Quels sont les critères pour déclencher une alerte

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a levé en fin de soirée mardi l’alerte AMBER, qui avait été déclenchée en après-midi dans l’espoir de retrouver Ariel Jeffrey Kouakou, un garçon de 10 ans, parce que les critères pour la maintenir n’étaient plus tous satisfaits. Depuis l’implantation de l’alerte AMBER au Québec en 2003, celle-ci a été déclenchée 14 fois.

Il s’agit d’un système qui permet d’alerter la population, par tous les moyens médiatiques possibles, pour diffuser l’information le plus rapidement possible. Chaque cas au Québec a connu une fin heureuse jusqu’à maintenant.

Trois critères sont nécessaires pour enclencher une telle procédure :

1) la police doit avoir des motifs de croire qu’un enfant a été victime d’un enlèvement ;

2) les circonstances de l’enlèvement font croire que l’enfant risque de subir des blessures ou qu’il est en danger de mort ;

3) la police possède suffisamment de renseignements descriptifs sur l’enfant, le suspect ou le moyen de transport utilisé pour que la diffusion soit utile.

Enlèvements en chiffres

– Les enfants signalés disparus sont retrouvés dans la majorité des cas et généralement assez rapidement : 59 % des signalements d’enfants et de jeunes disparus au Canada ont été retirés dans les 24 heures, et en moins d’une semaine dans 92 % des cas, a noté la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour l’année 2016.

– Dans la grande majorité des cas, les kidnappeurs sont les parents, explique la force policière fédérale.

– Au Québec, 31 enfants de 4 ans et moins ont été portés disparus en 2015, 33 en 2016 et 7 en 2017 jusqu’à mi-juillet, selon les données de la GRC.

– 545 enfants de 5 à 13 ans ont été portés disparus au Québec en 2015, 428 en 2016 et 268 jusqu’à maintenant en 2017 (de janvier à la mi-juillet).