Fédéralisme: un centre d’analyse indépendant est créé à l’UQAM

Les chercheurs du centre d’analyse disent vouloir engager la conversation à l’échelle pancanadienne et défendre une position universitaire sur le fédéralisme.
Photo: Ian Barrett La Presse Canadienne Les chercheurs du centre d’analyse disent vouloir engager la conversation à l’échelle pancanadienne et défendre une position universitaire sur le fédéralisme.

Alors que le gouvernement fédéral vient d’annoncer d’importants investissements en recherche, un nouveau centre d’analyse voit le jour à l’UQAM sur la Constitution et le fédéralisme.

Ce centre, dirigé par le professeur de science politique Alain G. Gagnon, se veut indépendant. Des experts de plusieurs établissements universitaires au Canada y collaboreront.

Au cours d’une conférence de presse, lundi, le professeur Gagnon et le ministre responsable des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier, ont affirmé qu’il ne fallait pas y voir un pendant fédéraliste à l’Institut de recherche sur l’autodétermination des peuples et des indépendances nationales (IRAI) du professeur Daniel Turp, soutenu par l’ancien chef péquiste et homme d’affaires Pierre Karl Péladeau.

« Nous sommes prêts à nous mesurer aux meilleurs arguments des autres, même si on ne s’entend pas sur tout. Vous avez compris que l’IRAI est un projet qui est important pour ceux qui défendent une ligne politique. Nous ne sommes pas là pour défendre une ligne politique ; nous sommes là pour défendre une position universitaire avec des idées, les meilleures idées qui viendraient de toutes parts », a résumé le professeur Gagnon.

« Nous ne sommes pas là pour prêcher, mais pour comprendre les enjeux », a-t-il ajouté.

Le ministre Fournier a confirmé que le CAP-CF reçoit 100 000 $ pour l’année 2018-2019 par l’entremise du Secrétariat du Québec aux relations canadiennes.

« Le rapprochement, une meilleure connaissance réciproque, des liens économiques, sociaux, culturels renforcés constituent le passage obligé pour permettre à terme un changement constitutionnel sans crise », a dit le ministre Fournier.

Le professeur Gagnon a précisé que les soutiens financiers au Centre d’analyse pourront venir de tous les horizons. « On est ouverts à l’appui, dans la mesure où nous sommes libres de faire nos analyses », a-t-il dit.

Il espère d’ailleurs que le centre pourra bénéficier des fonds fédéraux pour la recherche, annoncés dans le dernier budget du ministre Bill Morneau.


Collaboration

En plus de ceux de l’Université du Québec à Montréal, des chercheurs d’autres établissements universitaires y collaboreront, soit déjà l’Université de Moncton au Nouveau-Brunswick, la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques de l’Université d’Ottawa, le Centre d’études constitutionnelles de l’Université d’Alberta et le Centre Mowat en Ontario.

Le CAP-CF ne s’intéressera pas qu’à l’histoire constitutionnelle, mais aussi aux dossiers énergétiques, environnementaux et du fédéralisme fiscal, par exemple.

« L’idée, c’est aussi de mettre fin au silence constitutionnel. Là-dessus, on s’entend tous : on ne peut pas rester silencieux éternellement. Il y a là ici une volonté d’engager la conversation à l’échelle pancanadienne, mais aussi d’engager la conversation avec d’autres nations et d’autres fédérations plurinationales », a expliqué le professeur Gagnon.

M. Gagnon souhaite que le CAP-CF prenne à terme le relais de la Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes.