Québec annonce d’autres fonds pour les femmes victimes de violence

La ministre Hélène David
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre Hélène David

En cette veille du 8 mars, Journée internationale des femmes, Québec a annoncé des investissements supplémentaires pour venir en aide aux femmes victimes de violence.

Une première somme de 13 millions sur trois ans faisait partie d’une enveloppe plus globale de 25 millions qui avait déjà été annoncée, à la mi-décembre dernier, mais qui n’avait pas été ventilée.

Québec a annoncé mercredi que cette somme servira pour prévenir les agressions sexuelles et accompagner les victimes, essentiellement auprès des CALACS (Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel) et autres centres d’aide.

Il s’agit d’« argent neuf », a pris soin de préciser la ministre de la Condition féminine, Hélène David, au cours d’une conférence de presse, mercredi à Montréal, avec sa collègue Lucie Charlebois, déléguée à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique.

L’autre partie de la somme dévoilée, soit 6,4 millions pour l’année en cours, n’avait pas été annoncée auparavant. Cette somme sera accordée pour combattre la violence conjugale, soit aux différents types de maisons d’hébergement, notamment pour la clientèle d’origine immigrante.

Il faut plus

Les groupes d’aide présents sur place ont bien reçu l’annonce, notant toutefois que les fonds octroyés ne répondent qu’à une partie des besoins.

« On se demandait comment cet argent-là allait être distribué. C’était un grand mystère », a commenté Mélanie Sarroino, agente de liaison au Regroupement québécois des CALACS.

« On est vraiment ravis du travail de Mme David. Depuis qu’elle est entrée en poste à la Condition féminine, elle fait bouger les choses ; on voit que ça lui tient à coeur. Le seul petit bémol dans tout ça, c’est que nous, depuis longtemps, on demande des montants récurrents à même notre mission. Et, malheureusement, ce n’est pas ça cette fois-ci. Mais bon, on a de l’argent pour trois ans », a concédé Mme Sarroino.

Sylvie Langlais, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, y a aussi vu une « bonne nouvelle ». Mais elle s’est empressée d’ajouter que « ce n’est pas de l’argent récurrent ; c’est de l’argent qui est là ici et maintenant ».

Manon Monastesse, directrice provinciale de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, a reçu favorablement l’annonce de 6,4 millions pour les groupes en matière de violence conjugale. « C’est un certain engagement », a-t-elle admis, en prenant soin d’ajouter que c’est loin de répondre à l’ensemble des besoins. Selon elle, il faudrait 48 millions uniquement pour la centaine de maisons d’hébergement.