La «police de la GRC» examinera la conduite des agents dans l’affaire Boushie

La mère de Colten Boushie, Debbie Baptiste, a montré une photo de son fils lors d’une conférence de presse le 14 février à Ottawa.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne La mère de Colten Boushie, Debbie Baptiste, a montré une photo de son fils lors d’une conférence de presse le 14 février à Ottawa.

Ottawa — La « police de la GRC » se penchera sur la conduite de la police fédérale dans l’affaire du jeune autochtone tué par balle sur le terrain d’une ferme de la Saskatchewan.

La Commission civile d’examen et de traitement des plaintes relatives à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a indiqué mardi que son président par intérim, Guy Bujold, avait déposé une plainte au sujet de l’enquête menée par la GRC relativement à la mort de Colten Boushie et aux « événements qui ont suivi ».

Le jeune autochtone de 22 ans a été tué par balle en 2016 lorsque le véhicule dans lequel il se trouvait était sur la propriété d’un fermier. Un jury a acquitté le mois dernier le fermier de 56 ans, Gerald Stanley.

La famille de M. Boushie demandait une enquête sur le travail des policiers de la GRC dans cette affaire. La mère de la victime, Debbie Baptiste, a soutenu que les policiers venus lui annoncer la mort de son garçon avaient fait preuve d’insensibilité et avaient commencé à fouiller sa maison sans permission, lui demandant notamment si elle avait bu.

Une enquête interne menée par un officier autochtone de la GRC n’a trouvé rien à redire sur le travail des policiers fédéraux.

La Commission civile d’examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC, une commission indépendante, mènera une enquête sur la conduite des policiers dans cette affaire « afin de déterminer s’ils ont agi conformément à la formation, aux politiques et aux procédures de la GRC ».

Rejet de la plainte initiale

La commission examinera notamment si les policiers « ont procédé à une enquête raisonnable sur le décès de M. Boushie », et pourquoi la police fédérale avait rejeté la plainte du public initiale déposée par la famille après le drame.

« Dans le cadre de notre examen et du suivi continu des événements liés à cet incident tragique, il s’est avéré qu’il y a lieu d’examiner d’autres questions relatives à la conduite des membres de la GRC intervenus dans cette affaire, écrit le président de la commission. Par conséquent, je suis convaincu qu’il est dans l’intérêt public d’entreprendre une enquête indépendante sur la question. »