Jacqueline Desmarais s’éteint à l’âge de 89 ans

Jacqueline Desmarais et son mari, Paul Desmarais
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Jacqueline Desmarais et son mari, Paul Desmarais

La mécène Jacqueline Desmarais, la veuve de Paul Desmarais père, est décédée samedi à l’âge de 89 ans, a annoncé sa famille dans un communiqué.

Elle était la mère de Paul Desmarais fils, d’André Desmarais, de Louise Desmarais et de Sophie Desmarais.

Selon les informations fournies par la famille, des funérailles familiales privées auront lieu dans les prochains jours et seront suivies d’un service commémoratif dont la date sera annoncée plus tard.

Depuis le décès de son mari, Paul G. Desmarais, en 2013, elle était fiduciaire de la Fiducie familiale résiduaire Desmarais, qui exerce une emprise sur le portefeuille familial, dont fait partie le géant Power Corporation du Canada.

Jacqueline Desmarais, née Jacqueline Maranger à Sudbury, en Ontario, était reconnue comme l’une des plus importantes mécènes du monde artistique québécois.

Une amie des musiciens

De nombreux musiciens ont notamment pu bâtir leur carrière en jouant avec les meilleurs instruments disponibles grâce au soutien de la philanthrope. Elle a d’ailleurs été nommée Compagne des arts et des lettres du Québec en 2016.

Sa contribution à la scène musicale a aussi été reconnue par un doctorat honorifique de la Faculté de musique de l’Université de Montréal, en 2011.

Un de ses protégés, le violoncelliste Stéphane Tétreault, brosse le portrait d’une femme d’une grande humanité.

« Je dois vous avouer que je n’ai jamais vu quelqu’un qui avait autant d’amour pour la musique que Mme Desmarais. C’était une joie absolue de jouer pour elle », a-t-il confié, en entrevue avec La Presse canadienne. Il raconte avoir fait sa connaissance en 2010, à l’âge de 17 ans, comme « un des plus beaux hasards de [sa] vie ». Deux ans plus tard, elle remportait pour lui aux enchères un Stradivarius de 1707. « Le monde perd aujourd’hui une grande mécène, mais, de mon côté, sur le plan personnel, je perds une grande amie », a-t-il poursuivi.

Le directeur musical du Metropolitan Opera de New York, Yannick Nézet-Séguin, a aussi reçu l’aide de Jacqueline Desmarais dès le début de sa carrière.

En entrevue à La Presse canadienne, il a raconté qu’au fil du temps, la mécène était devenue son amie : « Passer du temps avec Mme Desmarais, c’était passer du temps avec quelqu’un d’une grande sagesse et d’une grande expérience, mais elle était aussi la dame la plus jeune et la plus énergique que je connaissais. On dit souvent que j’ai beaucoup d’énergie, mais Mme Desmarais en avait plus que moi. »

Le maestro a aussi souligné son flair unique pour le talent.

« L’émotion avec laquelle elle vivait la musique, c’était un exemple pour nous tous, et c’est ce qui faisait qu’elle savait déterminer le talent, l’électricité, l’étincelle et la passion. Elle savait déceler tout ça chez les jeunes musiciens. »

Des hommages

Sur les réseaux sociaux, la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a salué le « legs » de Mme Desmarais, qui aura su « améliorer nos infrastructures culturelles et la programmation de nos institutions ».

Le premier ministre, Justin Trudeau, a lui aussi tenu à y souligner son « immense patrimoine ».

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et la ministre québécoise de la Culture, ont également salué sa mémoire sur Twitter.

L’Orchestre symphonique de Montréal a annoncé que son prochain concert, prévu mardi, s’ouvrirait avec une pièce interprétée à sa mémoire par l’organiste en résidence, Jean-Willy Kunz.