Les orphelins de Duplessis lancent une action collective

Une manifestation des Orphelins de Duplessis, en 2009, pour dénoncer les sévices dont ils ont été victimes. Une somme de 15 000$ leur a été allouée en 2001.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir Une manifestation des Orphelins de Duplessis, en 2009, pour dénoncer les sévices dont ils ont été victimes. Une somme de 15 000$ leur a été allouée en 2001.

Dix-sept ans après une entente conclue avec le gouvernement du Québec, les orphelins de Duplessis recourent à nouveau aux tribunaux. Ils réclament une compensation financière de 875 000 $ par plaignant pour les abus qu’ils ont subis, une somme nettement supérieure aux 15 000 $ qui leur ont été alloués en 2001.

Une demande d’action collective a été déposée en ce sens en Cour supérieure contre le gouvernement fédéral, le gouvernement provincial ainsi que sept congrégations religieuses, soit les Soeurs de la providence, les Soeurs de la Miséricorde, les Soeurs grises, les Petites Franciscaines de Marie, les Soeurs du Bon-Pasteur, les Soeurs de Notre-Dame et les clercs de Saint-Viateur. D’autres congrégations pourraient s’ajouter à cette liste, a indiqué au Devoir l’avocat des plaignants, Alan Stein.

Ces derniers estiment que les 15 000 $ accordés aux orphelins de Duplessis en 2001 sont « insultants », puisqu’ils ne compensent en rien « l’enfance horrible » et les impacts à long terme des sévices dont ils ont été victimes, selon le document déposé en cour. « Les orphelins de Duplessis avaient accepté une compensation ridicule », soutient leur avocat.

Par ailleurs, certains d’entre eux, dont le représentant des plaignants, Marc Boudreau, ne savaient pas à l’époque qu’ils étaient orphelins de Duplessis. Ce dernier, qui a été transféré d’une institution à l’autre jusqu’à l’âge de 18 ans, ressent encore aujourd’hui les conséquences des abus qu’il a subis. Il souffre notamment de douleurs physiques et de carence affective.

Les orphelins de Duplessis sont ces milliers d’enfants abandonnés entre les années 1940 et 1960 qui ont été pris en charge par des institutions religieuses, sous la gouverne du premier ministre Maurice Duplessis.

Ces jeunes, qui étaient déclarés malades mentaux, ont été sévèrement maltraités durant des années. Ils ont notamment subi des expérimentations médicales, de la torture, du travail forcé et des sévices sexuels.

L’action collective représente pour l’instant environ 150 orphelins de Duplessis.