Un comité des femmes plus important que jamais

Alice Mariette Collaboration spéciale
Souvent l’apanage des femmes, les tâches familiales empêchent parfois une évolution de carrière ou une reprise des études.
Photo: iStock Souvent l’apanage des femmes, les tâches familiales empêchent parfois une évolution de carrière ou une reprise des études.

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Disparités salariales, leadership au féminin, conciliation famille-travail-études, analyse différenciée selon les sexes… Manon Therrien, deuxième vice-présidente et responsable du dossier des femmes au Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), revient sur ces enjeux d’importance.

Alors que le SPGQ souffle sa cinquantième bougie, son comité des femmes a déjà près de 40 ans. « J’aimerais en fait que nous n’ayons plus besoin du comité, mais il va vivre encore quelques années, car il y a encore du travail », lance Manon Therrien d’entrée de jeu. Pour rappel, le comité des femmes du SPGQ conseille et oriente le Syndicat sur les dossiers de la condition des femmes. L’objectif est de « favoriser la participation équitable des femmes à la vie syndicale, notamment par l’établissement et par le maintien d’un réseau de femmes issues de chacune des sections ». Pour Manon Therrien, l’existence du comité des femmes au SPGQ est aujourd’hui plus importante que jamais.

Disparité salariale

Le dossier des disparités salariales entre hommes et femmes est toujours d’actualité. Au cours des années, le SPGQ a été un des pionniers dans la lutte en faveur de l’équité salariale, notamment avec la mise en place du Collectif de la plainte par des professionnelles du Syndicat. « Elles ont travaillé fort, contre vents et marées, pour mettre en lumière qu’il y avait bien une disparité entre les salaires, elles se sont battues pendant 15 ans pour obtenir un résultat », relate Mme Therrien. Malgré tout, aujourd’hui encore, des différences sont constatées. L’Intersyndicale des femmes, dont le SPGQ fait partie et dont Manon Therrien est une élue membre, cherche à mettre en lumière ces réalités. « Tout passe par l’éducation, nommer et voir les choses permet de faire prendre conscience, pour qu’un changement puisse avoir lieu », explique-t-elle.

Femmes leaders

Pour le SPGQ, éveiller le leadership des femmes est particulièrement important. « Il faut pouvoir leur donner la possibilité de mettre en valeur leurs connaissances, car elles sous-estiment souvent leur potentiel, elles ne voient pas tout ce qu’elles ont à apporter », explique la deuxième vice-présidente. D’ailleurs, lors des prochains états généraux du comité en novembre prochain — où 200 femmes se réuniront — le sujet sera abordé, pour trouver des pistes de solutions. « Si on veut des leaders féminins, il faut aller chercher ce qui leur manque, quels outils ou quoi mettre en place pour les aider », ajoute Mme Therrien.

Conciliation famille-travail-études

Encore souvent l’apanage des femmes, les tâches de la famille empêchent parfois une évolution de carrière ou une reprise d’études. Ainsi, l’Intersyndicale s’est jointe, il y a deux ans, à la Coalition pour la conciliation famille-travail-études, composée de syndicats, d’organisations et de regroupements nationaux. La Coalition demande au gouvernement une loi-cadre pour permettre aux travailleurs, notamment aux femmes, qui doivent gérer une famille ou un travail de suivre des études. « Nous essayons de rencontrer les différents ordres de gouvernement au provincial pour leur expliquer cette loi-cadre; si on veut rester un leader dans la famille au Québec, cela viendrait donner une force », estime Manon Therrien. Si, pour le moment, les intervenants rencontrés ont semblé approuver l’idée, rien n’est encore prévu. « Nous continuons à travailler, mais j’appelle cela la théorie des petits pas… il faut vendre, expliquer, démystifier, tout passe par l’éducation. Souvent, les gens se font des idées très carrées, très dures; cela fait peur, mais c’est aussi malléable, une loi-cadre, selon le type d’employeur ou selon le travail que vous faites », souligne-t-elle.

Analyse différenciée selon les sexes

L’Intersyndicale demande l’application de l’Analyse différenciée selon les sexes (ADS) pour le budget du gouvernement du Québec depuis quelques années. « Cela permet de connaître l’impact des différentes mesures, c’est très important pour prendre les bonnes décisions », mentionne Manon Therrien, rappelant par exemple que l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques a démontré que les mesures d’austérité ont surtout affecté les femmes. Selon elle, l’ADS permet de prendre de meilleures décisions, et cela ne devrait pas alourdir les démarches, mais bien éclairer les différents choix.