Le «pasteur de l’Amérique», Billy Graham, rend l’âme à 99 ans

Billy Graham souffrait notamment de la maladie de Parkinson et d’un cancer de la prostate.
Photo: Henny Ray Abrams Associated Press Billy Graham souffrait notamment de la maladie de Parkinson et d’un cancer de la prostate.

L’influent prédicateur évangéliste américain Billy Graham, interlocuteur incontournable des présidents des États-Unis pendant plusieurs décennies, est décédé à 99 ans, a annoncé mercredi sa fondation.

« William Franklin Graham Jr. est mort mercredi matin chez lui à Montreat, en Caroline du Nord », a tweeté la Billy Graham Evangelistic Association (BGEA), qu’il avait fondée en 1950.

De santé fragile ces dernières années, il souffrait notamment de la maladie de Parkinson et d’un cancer de la prostate.

« Le GRAND Billy Graham est mort. Il était unique ! Il manquera aux chrétiens et à toutes les religions. Un homme très spécial », a tweeté le président américain Donald Trump.

Graham avait eu une révélation religieuse à 16 ans et, grâce à son charisme, sa voix forte et retentissante et ses prêches fougueux, il avait très vite attiré les foules, devenant une véritable « vedette pop » de la Bible et pratiquement un « pape » protestant.

À partir des années 1940, il multiplie les prêches aux quatre coins de la planète, y compris en URSS et en Chine. Et même deux fois en Corée du Nord.

Aux côtés des grands

De la reine Elizabeth — il apparaît comme un confident de la jeune souveraine dans la série The Crown sur Netflix — au pape Jean-Paul II, en passant par mère Teresa, il rencontre tous les grands de ce monde. Son influence est particulièrement importante auprès des présidents américains, de Harry Truman jusqu’à Barack Obama.

George W. Bush avait confié avoir arrêté de boire et avoir « trouvé le chemin de Dieu » grâce à lui. Il a rendu hommage mercredi à un « grand homme, un humble serviteur et un pasteur pour des millions de personnes ».

Son père, le président George H. W. Bush, avait invité Graham à venir prier à la Maison-Blanche en 1991 pour l’aider à surmonter le premier jour de la première guerre du Golfe. « Billy n’a pas touché uniquement le coeur des chrétiens, mais [celui] des gens de toutes fois, parce qu’il était un homme tellement bon », a-t-il indiqué.

L’ancien président Jimmy Carter s’est dit « profondément attristé » par la disparition de celui qui « a forgé la vie spirituelle de dizaines de millions de personnes à travers le monde ». Et, pour Barack Obama, Graham était « un humble serviteur qui a prié pour tant de personnes — et qui, avec sagesse et grâce, a donné espoir et conseils à des générations d’Américains ».

Prédicateur des médias

En 60 ans de carrière, celui qui était surnommé le « pasteur de l’Amérique » a organisé plus de 400 immenses rassemblements dans des stades et des salles de concert, mené des « croisades » dans 185 pays ou encore écrit une trentaine de livres traduits en une quarantaine de langues.

Ce prédicateur très cathodique a su habilement utiliser la radio et la télévision dès le début des années 1950 pour faire renaître le mouvement évangéliste, devenant ainsi un pionnier du « télévangélisme ».

Son refus de prêcher à partir de 1953 devant un public où Blancs et Noirs étaient séparés aurait permis d’accélérer la fin de la ségrégation dans son État natal.

Considéré comme une présence réconfortante en temps de crise, il a notamment dirigé un service religieux national après les attentats du 11 septembre 2001.

Né le 7 novembre 1918, aîné de quatre enfants, Graham a été élevé dans une ferme laitière de Charlotte en Caroline du Nord.