Un ex-juré réclame des dommages pour trouble de stress post-traumatique

Mark Farrant a été juré pendant cinq mois, en 2014 à Toronto, au procès de Farshad Badakhshan, reconnu coupable du meurtre de sa compagne Carina Petrache.
Photo: Galit Rodan La Presse canadienne Mark Farrant a été juré pendant cinq mois, en 2014 à Toronto, au procès de Farshad Badakhshan, reconnu coupable du meurtre de sa compagne Carina Petrache.

Un militant pour les droits des jurés réclame 100 000 $ en dommages aux gouvernements fédéral et ontarien pour le stress post-traumatique subi pendant un long procès pour un meurtre particulièrement sordide.

Mark Farrant a été juré pendant cinq mois, en 2014 à Toronto, au procès de Farshad Badakhshan, reconnu coupable du meurtre de sa compagne, Carina Petrache, âgée de 23 ans. Au cours du procès, les jurés ont appris que l’accusé avait poignardé l’étudiante puis avait mis le feu à leur logis. La jeune femme, gravement brûlée, avait réussi à s’enfuir, mais elle est morte lors de son transport à l’hôpital. Badakhshan avait aussi subi de graves brûlures.

Après le long procès, M. Farrant a reçu un diagnostic de trouble de stress post-traumatique, et il a commencé à militer pour que les jurés qui entendent des causes particulièrement horribles puissent bénéficier d’un soutien psychologique. Il compare ces traumatismes à ceux, déjà reconnus, que subissent les premiers répondants.

Dans sa poursuite, M. Farrant réclame des dommages pour avoir été « soumis pendant le procès à des éléments de preuve explicites et perturbants ». Il soutient que depuis ce procès, il a souffert « de problèmes psychologiques, notamment de trouble de stress post-traumatique, d’anxiété, de dépression et de choc nerveux ».

M. Farrant soutient qu’il souffre toujours de stress, de fatigue, d’insomnie, de perte d’appétit et de poids, de baisse de revenus et d’une aptitude réduite à jouir de la vie. La poursuite allègue que l’expérience vécue par l’ex-juré « a eu, et continue d’avoir, un impact négatif sur ses liens familiaux, notamment avec sa femme et ses deux enfants ».

M. Farrant avait obtenu du gouvernement ontarien qu’il mette en place un programme de soutien psychologique pour les jurés, et il tente de convaincre le gouvernement fédéral d’en faire autant. Il estime toutefois qu’il est trop tard pour lui, et il demande réparation pour les torts subis.