Près de 60 personnes ont reçu des indemnités dans la foulée des attentats de Québec

Le programme d’indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC) a distribué près de 635 000 $ aux témoins et victimes de la fusillade. Les familles des défunts et les personnes qui se trouvaient à l’intérieur de la mosquée lors du drame ont toutes été indemnisées.

Au total, ils sont 59 à avoir reçu des indemnités et des remboursements, notamment pour couvrir les consultations en psychologie. « 100 % des demandes faites par des personnes se trouvant à l’intérieur de la mosquée au moment de la fusillade ont été acceptées », a signalé la porte-parole de la CNESST qui gère le programme IVAC.

Par contre, 36 demandes ont été refusées parce qu’elles ne répondaient pas aux critères. À cet égard, on signale que les personnes qui seraient entrées dans la mosquée en même temps que les policiers ou après « ne peuvent être reconnues comme des victimes au sens de la Loi sur l’IVAC ». Même chose pour celles qui seraient allées à l’hôpital afin de soutenir les victimes et leurs proches ou qui auraient procédé à l’identification des personnes assassinées. On n’a pas non plus indemnisé les personnes qui ont subi un choc parce qu’elles devaient se rendre à la mosquée mais n’y sont pas allées, par exemple.

635 000 $
C’est le montant total des indemnités versées aux proches des défunts et aux autres victimes directes de l’attentat.

Les besoins en soutien psychologique étaient « très grands », selon Nadia Morin, directrice du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) de Québec. L’organisme, qui a notamment pour mission d’aider les victimes à remplir leurs demandes d’indemnisation à l’IVAC, en a eu plein les bras.

« On parle de six décès, plus les proches, de six blessés, de leurs proches, et de 35 témoins qui ont eu peur de perdre la vie. » L’organisme a d’ailleurs dû appeler en renfort une quinzaine d’intervenants en provenance d’autres CAVACS ailleurs au Québec.

Le CAVAC est intervenu sur les lieux dès le départ pour accompagner les victimes auprès des policiers de la Sûreté du Québec et des représentants du Centre intégré en santé et services sociaux (CIUSSS), ce qui n’est pas habituel, note Mme Morin. « Nous, on a l’habitude de travailler avec des gens en choc post-traumatique. Plus l’intervention est rapide, plus on réduit les risques que ça devienne un stress post-traumatique. » Cette expérience va probablement changer les pratiques, selon elle.

Reste maintenant à soutenir les témoins au procès d’Alexandre Bissonnette, qui doit avoir lieu fin mars. « Aller à un procès, c’est revivre en quelque sorte les événements, surtout pour les personnes qui auront à témoigner », signale la directrice du CAVAC.

Son équipe se charge donc de préparer les témoins, « non pas au niveau du contenu, mais psychologiquement », précise Mme Morin. « On assure une présence, on les prépare à ce qui s’en vient, à comment ça va se dérouler. » Pas moins de 100 personnes sont susceptibles d’être appelées à témoigner au procès. La sélection du jury est prévue le 26 mars prochain.

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