La CSQ promet de talonner le gouvernement Couillard

Louise Chabot et Daniel B. Lafrenière, respectivement présidente et secrétaire-trésorier de la CSQ, ont dévoilé dimanche la stratégie de la centrale syndicale pour les prochains mois.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Louise Chabot et Daniel B. Lafrenière, respectivement présidente et secrétaire-trésorier de la CSQ, ont dévoilé dimanche la stratégie de la centrale syndicale pour les prochains mois.

En cette année électorale, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) s’attaque au bilan du gouvernement Couillard et promet une participation active aux prochaines élections.

« On le sait, l’austérité, ce n’est pas un projet de société, ça appauvrit tout le monde et c’est ça que nous a servi le gouvernement Couillard dans ses trois dernières années de mandat », a soutenu la présidente de la CSQ, Louise Chabot, en point de presse dimanche matin.

« On n’en veut plus d’un gouvernement qui va nous imposer des sacrifices insensés pendant les trois quarts de son mandat alors que, dans la dernière année, il sort de son chapeau magique des lapins à coups de milliards de dollars. »

« Le gouvernement a agi en illusionniste en nous faisant croire qu’il y avait une crise financière publique, mais si c’était le cas, il n’y aurait pas par enchantement une marge de manoeuvre de 7 milliards de dollars. »

La CSQ prévoit que l’année 2018 « sera bien chargée » et entend dépenser beaucoup d’énergie en vue de la prochaine campagne électorale.

« Dans toutes les régions du Québec, on va faire un bilan exhaustif du gouvernement au pouvoir actuellement, on va prendre le temps d’analyser les enjeux électoraux, mais surtout, on va interpeller l’ensemble des candidates et des candidats dans toutes les régions et sur le terrain pour faire en sorte que des choses concrètes concernant les services publics et le bien commun soient au rendez-vous. »

Questionnée à savoir si la CSQ fera campagne contre le gouvernement en place, la présidente répond que la centrale syndicale n’a pas encore pris une décision.

« À la CSQ, on a une pratique de ne pas prendre pour un parti, [bien que] ça nous est arrivé de prendre position pour voter contre un parti. Maintenant, concernant nos stratégies électorales, on a commencé à en débattre un peu avant les Fêtes avec notre instance et on va continuer [à le faire]. »

« Mais il y a une chose qui est claire : on va bien identifier les enjeux sur lesquels on souhaite que les candidats s’engagent, tous partis confondus. On a l’intention d’interpeller tous les candidats dans toutes les régions. On a l’intention de mettre de l’avant des enjeux auxquels ils devront trouver des réponses et c’est sur cette base-là qu’on va inviter nos membres à voter. »

D’ores et déjà, Louise Chabot annonce que la question du financement des services publics et de leur qualité sera au rendez-vous. « On souhaite résolument que le prochain gouvernement rompe avec l’orientation inquiétante de privilégier le secteur privé au détriment du secteur public. »

Réforme des normes du travail

D’ici là, la CSQ entend talonner le gouvernement pour qu’il « procède rapidement » à la réforme des normes du travail, annoncée l’an dernier par la ministre du Travail, Dominique Vien. « On ne comprend pas pourquoi le gouvernement Couillard tarde à déposer un projet de loi aussi majeur, a soutenu Louise Chabot. On l’attend, on l’espère, au retour de la session parlementaire. »

La CSQ propose une hausse du salaire minimum à 15 $ de l’heure, 10 jours de congé de maladie payé, une semaine de vacances supplémentaire après une année de travail, l’abolition des heures supplémentaires obligatoires, l’interdiction des clauses de disparité de traitement pour les régimes de retraite et une bonification des congés de compassion.