Le Conseil de presse retire son blâme contre Alain Gravel et Radio-Canada

Dans sa décision initiale rendue en février 2015, le Conseil de presse avait jugé que Radio-Canada et son journaliste Alain Gravel avaient fait un «usage imprudent» d’une source confidentielle.
Photo: Radio-Canada Dans sa décision initiale rendue en février 2015, le Conseil de presse avait jugé que Radio-Canada et son journaliste Alain Gravel avaient fait un «usage imprudent» d’une source confidentielle.

Le Conseil de presse fait volte-face : il annule son jugement contre le journaliste Alain Gravel et son employeur Radio-Canada au sujet du reportage « Claude Blanchet aurait sollicité des firmes de génie-conseil », diffusé à l’émission Enquête le 31 mars 2014.

Le reportage soutient que Claude Blanchet, le mari de l’ex-première ministre du Québec Pauline Marois, aurait fait de la sollicitation auprès de firmes de génie-conseil pour la campagne politique de sa femme en 2007 et 2008.

Pour ce faire, il aurait utilisé un système de prête-noms. Le topo a été télédiffusé à une semaine de l’élection provinciale de 2014, alors que Mme Marois était au pouvoir.

Dans une décision en appel qui sera rendue publique jeudi, le Conseil de presse rejette tous les éléments de la plainte déposée le 28 juillet 2014. Le plaignant déplorait « l’absence d’intérêt public, l’utilisation abusive d’une source confidentielle et l’absence de corroboration d’une information, ainsi qu’une présentation tendancieuse de l’information ».

« Il était d’intérêt public de produire et de diffuser un reportage mettant en doute l’affirmation d’un des chefs de parti […] alors que les citoyens s’apprêtaient à choisir leur prochain gouvernement », est-il écrit dans la décision.

Après avoir entendu les deux parties en audition le 11 décembre, le Conseil a également conclu que « l’information selon laquelle M. Blanchet a fait du financement politique a bel et bien été corroborée » et que « les mis en cause ont su démontrer la rigueur et l’objectivité de leur démarche journalistique ».

Enfin, l’utilisation d’une source confidentielle était justifiée par « l’intérêt public et la crainte de représailles, un motif clairement exposé dans le reportage », a tranché le Conseil.

Dans sa décision initiale rendue en février 2015, il avait jugé que Radio-Canada et son journaliste avaient fait un « usage imprudent » d’une source confidentielle.

« Après une bataille de plus de trois ans, le Conseil de presse annule sa décision me blâmant ainsi que Radio-Canada dans l’affaire de l’affidavit visant Claude Blanchet. Dans une décision rendue aujourd’hui, le Conseil juge finalement ma démarche rigoureuse et objective », a réagi Alain Gravel sur son compte Twitter mercredi.

9 commentaires
  • Jacques Lamarche - Abonné 21 décembre 2017 03 h 38

    Un viol électoral!

    Qu'importe, les dommages sont faits! Ils furent considérables à l'époque et toujours ils agissent!

    Il fallait laisser entendre que le PQ n'est pas mieux que le PLQ. Mission accomplie!

  • Jacques Pellerin - Abonné 21 décembre 2017 06 h 16

    Nouvelles alternatives

    L'inquisiteur en chef, Mr Gravel nous a habitué aux nouvelles alternatives, et ce, bien avant Mr Trump. Ca a été payant pour lui, car il a hérité d'un beau poste à Radio Canada

    Le Bureau d'inquisition, le Conseil de Presse ne voit pas de problème....mais ne comprend pas pourquoi de plus en plus de gens quittent les médias traditionnels

    Ces inquisiteurs, qui se font fort de faire une carrière de faire la morale, ne se rendent pas compte que l'apparence d'impartialité est aussi importante que l'impartialité en soi.

    Ici, les apparences (un scoop, basé sur des révélations anonymes, juste avant les élections) ne sont pas respectées, et c'est le débat public qui est perdant

    • Pierre Pinsonnault - Abonné 21 décembre 2017 10 h 43

      M. Pellerin, j'ai toujours eu du respect pour Mr Gravel. J'aurais donc été naïf au point de ne pas avoir décelé chez lui une pratique de «nouvelles alternatives». Vous nous obligeriez en nous référant précisément à celles dont il se serait rendu coupable selon vos dires. Merci à l'avance.

  • Jacques Morissette - Abonné 21 décembre 2017 09 h 15

    Somme toute: Le parti Libéral va être heureux de cette nouvelle.

    On sait qu'il y aura des élections en octobre 2018. Avec cet information, ça va peut-être faire un baume dans le clan des Libéraux, en même temps que leur permettre un peu de délestage, en tenant compte de tout ce qui circule côté magouille Libérale. Ce texte va-t-il permettre de tendre une perche invisible au parti Libéral? Que ce soit un parti politique ou un autre, il faut croire que l'intelligence empirique prend parfois le dessus sur la morale politique.

  • François Genest - Abonné 21 décembre 2017 10 h 01

    Les entreprises de presse sont sur quelle planète?

    Québécor ne paye plus pour le fonctionnement du CPQ. C'est un désaveu qui ne semble pas choquer la population si on se fie aux habitudes de "consommation" des nouvelles. Radio-Canada s'est battue trois ans dans ce dossier-ci et a gagné, mais est-ce que sa victoire fait que le public est mieux servi pour autant? Les journaux de Capitales Médias sont allés grapiller quelques deniers auprès du gouvernement libéral. Et puis après? L'argent que nos entreprises versent à Google pour être jumelées aux fausses nouvelles venant de Macédoine continue de ruisseler vers on ne sait où. Je ne veux pas accabler nos médias, mais il leur faudrait réfléchir plus profondément et regarder ce qui peut être fait à long terme pour continuer de remplir le rôle qu'ils affirment jouer dans notre État démocratique.

  • Pierre-Jules Lavigne - Abonné 21 décembre 2017 12 h 31

    Le libre arbitre

    Ce genre d'info est d'ordre public. Mais le diffuser pendant une campagne électorale, à quelque jours du scrutin, il est clair que le propos revêt plus que la seule dimension du droit à l'information. Il enlève à la population son libre arbitre dans son choix des programmes politiques proposés et des personnes qui doivent mener les destinées de l'Etat. Ce genre d'info génère automatiquement un blâme dans l'opinion publique. Ici, par association, le blâme fut dirigé vers la chef du Parti Québécois. Ignorer cette mécanique c'est ignorer la portée de toute information. Radio-Canada a fait enquête et a diffusé cette info. Elle n'a pas relayé les déclarations faites publiquement par un tiers elle les a généré. Le Conseil de Presse et Radio-Canada connaissent très bien ces nuances et cette mécanique 101. Le libre arbitre du citoyen, pendant une campagne électorale, passe bien avant ce pseudo droit à l'information qui est ici un cas de manipulation politique par une Société d'Etat d'information publique. Elles troquée son indépendance journalistique. Aujourd'huile Conseil de Presse mérite aussi
    un blâme. Surtout que ce reportage, méritant bien d'être diffusé, aurait du l'être avant ou après une campagne électorale. Le " libre arbitre" commande de la non diffusion pendant une campagne. Radio-Canada et Gravel se sont min au même niveau que les radios poubelles.

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 22 décembre 2017 03 h 54

      Et aujourd'hui les libéraux applaudissent lorsque Robert Lafrenière (UPAC) déclare qu'il ne publiera pas de résultats d'enquête (Machuré ou autres) à 30 jours de l'élection de 2018. Il y aurait pourtant de la matière Gravelloise à 3 jours du vote.