Les photos de l'année de Guillaume Levasseur

1 Un pluvieux matin de janvier, je me rends à une affectation pour le journal dans la Petite-Italie. La pluie s’est transformée en verglas et a recouvert les fenêtres des voitures et des commerces. Je m’arrête à l’angle de Beaubien et Saint-Dominique. Les reflets bleutés sur la glace et la chaleur des lumières intérieures donnent un style presque impressionniste à la petite épicerie. Je m’arrête brièvement pour prendre la scène en photo avant de continuer mon chemin. Guillaume Levasseur Le Devoir
2 30 janvier 2017. La veille, un individu a fait irruption dans une mosquée de Québec, tuant six personnes. À Montréal, des milliers de personnes se réunissent à la sortie de la station de métro Parc pour se recueillir. Tristesse, incompréhension et colère se mêlent dans la foule. Les bougies éclairent les visages de ceux venus, malgré le froid, témoigner leur solidarité. Guillaume Levasseur Le Devoir
3 Un cours de danse à l’école Joseph-Charbonneau, spécialisée dans l’accompagnement des élèves ayant une déficience motrice. En entrant dans le cours de Luca « Lazylegz » Patuelli, cette particularité s’estompe. Tout sourire, les jeunes font du breakdance. Ils suivent le rythme et effectuent leur chorégraphie. Une grande fenêtre laisse entrer la lumière naturelle dans la salle et découpe les silhouettes des élèves et du professeur. Guillaume Levasseur
4 J’arrive dans un petit appartement du boulevard Gouin pour rencontrer Yves Jasmin.  Âgé de 95 ans, celui qui fut le directeur de l’information, de la publicité et des relations publiques d’Expo 67 nous raconte dans le menu détail ce qui entoura la promotion de ce moment important de l’histoire montréalaise. Une grande porte-fenêtre permet à la lumière de l’après-midi d’entrer dans la pièce. M. Jasmin écoute avec attention les questions qui lui sont posées et leur répond avec tout autant de précision.  Guillaume Levasseur Le devoir
5 J’entre dans la pièce qui se trouve derrière le bar et je vois Charles Plymell, discutant avec mon collègue Dominic Tardif. Un peu contrarié par la lumière ambiante orangée et peu intéressante, je remarque une petite fuite de lumière naturelle venant d’une porte camouflée. J’ouvre un peu les rideaux afin de laisser entrer un peu de lumière et je demande s’il est possible d’y faire la photo. Aucun problème, l’entrevue s’y déplace et pendant de nombreuses minutes, celui que mon collègue qualifia de «hipster» octogénaire raconte ses anecdotes de vie sous les clics de mon appareil photo. Guillaume Levasseur Le Devoir
6 Avec ma collègue Améli Pineda, nous nous rendons à Sherrington, en Montérégie. Des pluies torrentielles et des vents violents auraient détruit les récoltes de la saison. Au départ, nous ne trouvons rien, puis nous arrivons dans la rue touchée. La tempête a suivi un corridor restreint, touchant seulement certains agriculteurs. Arrivé sur place, Denys Van Winden nous fait faire le tour de ses champs dévastés: oignons déracinés, terres inondées, récoltes perdues. Près de nombreux arbres abattus par les vents, il sort un oignon pour nous montrer les traces laissées par la grêle sur ses légumes. Guillaume Levasseur Le Devoir
7 En entrant chez Kim Yaroshevskaya, la première chose qui nous frappe, c’est son rire sincère et chaleureux. Celle que plusieurs appellent Fanfreluche, alors que d’autres la connaissent en tant que Grand-mère dans « Passe-Partout », exprime toute sa joie de vivre à travers son sourire. Pas besoin de demander, il vient tout seul. Et les rires aussi. Une heure à discuter, une heure qui constitue l’une de mes plus belles rencontres de l’année. Guillaume Levasseur Le Devoir
8 Pour se rendre à la section nouvellement découverte de la caverne de Saint-Léonard, il faut longer une paroi et marcher à genoux sur du roc au travers d’un trou. Nos faibles lumières frontales suffisent difficilement à éclairer ce qui se trouve devant nous, la noirceur souterraine étant presque absolue. En bas, on aperçoit la nappe phréatique. Luc Le Blanc, l’un des spéléologues ayant découvert la nouvelle section de la caverne, me propose d’éclairer la faille avec sa lampe frontale. Malgré cela, il faut un temps d’exposition plutôt lent. Me tenant sur l’échelle, je retiens mon souffle et je prends une rafale de photos, espérant que la caméra ne bougera pas trop. Guillaume Levasseur Le Devoir