Les minorités visibles se sentent moins en sécurité que les autres au pays

Les Arabes et les Asiatiques occidentaux (les Iraniens et les Afghans, par exemple) sont ceux qui craignent le plus pour leur sécurité. 
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Les Arabes et les Asiatiques occidentaux (les Iraniens et les Afghans, par exemple) sont ceux qui craignent le plus pour leur sécurité. 

Les minorités visibles — surtout les Arabes et les Asiatiques occidentaux — se sentent moins en sécurité que les autres au pays, révélait mardi une analyse de Statistique Canada.

Selon cette étude portant sur les perceptions des Canadiens à l’égard de leur sécurité personnelle, réalisée sur la base des données de 2014, les personnes ayant affirmé appartenir à une minorité visible étaient moins susceptibles que les autres de déclarer se sentir tout à fait en sécurité lorsqu’elles marchent seules dans leur voisinage quand il fait noir.

Elles n’étaient que 44 % à se sentir en sécurité, contre 54 % pour les Canadiens qui ne sont pas des minorités visibles. Cette notion de « perception de sécurité » est évidemment différente du taux réel de criminalité observé.

Statistique Canada a bien noté que les habitants des grandes villes se sentent généralement moins en sécurité que ceux des petites localités, et que la majorité des personnes se décrivant comme minorités visibles résident dans les grands centres. Mais même en tenant compte de ce facteur, les minorités visibles étaient moins susceptibles de déclarer se sentir en sécurité que les autres.

Parmi les différents groupes de minorités visibles, les Arabes (15 %) et les Asiatiques occidentaux — par exemple les Iraniens et les Afghans — (16 %) étaient les plus susceptibles d’indiquer ne pas se sentir en sécurité lorsqu’ils marchent seuls le soir.

Chez les femmes arabes ou asiatiques occidentales, cette proportion était encore plus élevée, soit 25 %.

En sécurité à Sherbrooke

Il s’agit d’un changement par rapport à il y a 10 ans, alors que les Arabes et les Asiatiques occidentaux affichaient des sentiments de sécurité semblables à ceux des autres groupes de minorités visibles, note l’organisme fédéral de statistiques.

De même, parmi les principaux groupes religieux, les musulmans (14 %), en particulier les femmes musulmanes (21 %), étaient aussi les plus susceptibles de dire qu’ils ne se sentaient pas très ou pas du tout en sécurité.

De façon globale, les données de l’Enquête sociale générale de 2014 sur la sécurité indiquent que la majorité des Canadiens se disent satisfaits (50 %) ou très satisfaits (38 %) de leur sécurité personnelle par rapport à la criminalité. Au Québec, 52 % sont satisfaits et 36 % sont très satisfaits.

De façon générale, les résidants des provinces de l’Atlantique et de l’Ontario étaient les plus satisfaits de leur sécurité personnelle, alors que ceux des Prairies et des territoires l’étaient moins.

Au Québec, parmi les régions métropolitaines de recensement de plus de 100 000 habitants, les résidants de Sherbrooke étaient ceux qui se sentaient le plus en sécurité. Sherbrooke était uniquement devancée par les villes ontariennes de Guelph et de Kingston.

1 commentaire
  • Gilles Théberge - Abonné 12 décembre 2017 19 h 20

    Si Les minorités visibles se sentent moins en sécurité au Canada, la solution est simple, retour à la case ...départ!

    Je suis assez tanné de ces jérémiades.