Une vie harmonieuse en Abitibi

Photo: Lisa-Marie Gervais Le Devoir Yolette Lévy, d’origine haïtienne, estime que son intégration a été facile.

En Abitibi depuis près de 50 ans, Yolette Lévy a été tour à tour enseignante au secondaire, syndicaliste et conseillère municipale à la Ville de Val-d’Or.

La pharmacienne d’origine haïtienne a même reçu le prix Charles-Biddle et a été sacrée « Patriote de l’année » en Abitibi.

Pourtant, on lui demande encore d’où elle vient lorsqu’on la croise et elle est la première sollicitée pour faire des commentaires aux médias sur les nouveaux arrivants. « Mais quand est-ce que je vais arriver, moi ? » demande-t-elle en soupirant.

Après avoir fui l’Haïti de Duvalier pour aller enseigner pendant quatre ans au Zaïre (aujourd’hui la République démocratique du Congo), son mari et elle ont déposé leurs candidatures pour des postes d’enseignant.

« Nous sommes venus en Abitibi parce qu’il n’y a que la commission scolaire de Val-d’Or qui nous offrait des postes à tous les deux », explique-t-elle.

Il n’y a pas plus Abitibiens que nous

À l’époque, la région voyait les jeunes partir pour les mines après le secondaire ou aller étudier dans la métropole, et elle avait un grand besoin d’immigrants. « Et nous, les immigrants, on arrivait et on était éduqués. On comblait ce besoin. » Malgré quelques incidents racistes, son intégration a été « extrêmement facile », insiste-t-elle.

Au final, Yolette Lévy dit avoir vécu une vie harmonieuse. Elle a eu trois enfants, de nombreux petits-enfants, dont plusieurs sont demeurés dans la région.

L’une de ses filles enseigne même aux autochtones de Lac-Simon. « Il n’y a pas plus Abitibiens que nous », dit-elle en rigolant.

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