Un aller simple pour l’Abitibi

Photo: Lisa-Marie Gervais Le Devoir Aimé Pingi, d’origine congolaise, rêve de s’impliquer en politique municipale.

De Kinshasa à Amos. Lorsqu’il est arrivé il y a huit ans au Canada — « le pays dont on rêve tous au Congo » —, Aimé Pingi avait un aller simple pour l’Abitibi. Il n’est même pas resté à Montréal. « J’avais discuté avec une femme d’Amos sur un forum en ligne et elle m’avait dit qu’elle allait m’accueillir », raconte le chimiste dans la quarantaine, analyste de la qualité de l’eau pour Eska. « C’est ma deuxième mère encore aujourd’hui. »

Son premier boulot ? Chauffeur de Zamboni à Saint-Félix-de-Dalquier. « Je ne connaissais même pas le hockey ! Disons que j’ai été un sujet de curiosité », dit-il en rigolant, qui est effectivement devenu une personnalité connue de la ville. Aujourd’hui, c’est lui, le comité d’accueil des nouveaux arrivants.

Après avoir passé un premier hiver difficile — « J’avais tellement les joues gelées que je ne pouvais pas sourire ! » —, Aimé Pingi a décidé de plonger tête première dans sa nouvelle communauté pour se bâtir un réseau. « J’ai tapé “ bénévolat ” et “ Amos ” sur Internet et le premier lien qui est sorti, c’est le Centre de prévention du suicide d’Amos », raconte-t-il.

Le rêve amossois, c’est comme le rêve américain. Tout est à bâtir, pour peu que tu prennes ta place.

Il s’y est impliqué pendant de nombreuses années, notamment comme président du conseil d’administration. Il a aussi donné de son temps à la section abitibienne de la Croix-Rouge, organisé des activités pour souligner le Mois de l’histoire des Noirs et il fait partie d’un comité de gouvernance des eskers de la région.

Ce père de famille amossois a même tenté de se faire élire — en vain — comme conseiller municipal, marchant ainsi dans les pas de son mentor Ulrich Chérubin, le défunt maire d’Amos, d’origine haïtienne. « Le rêve amossois, c’est comme le rêve américain. Tout est à bâtir, pour peu que tu prennes ta place. »

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