Demande d’action collective contre Gilbert Rozon

Le fondateur de Juste pour rire, Gilbert Rozon
Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir Le fondateur de Juste pour rire, Gilbert Rozon

Un regroupement de présumées victimes de Gilbert Rozon a déposé lundi une demande d’action collective contre l’ancien patron de Juste pour rire. Il lui réclame une somme de plus 10 millions de dollars en dommages.

« Le temps où les hommes de pouvoir agressent et harcèlent sexuellement les femmes de leur entourage en toute impunité est révolu. Gilbert Rozon est un homme de pouvoir qui a agressé et harcelé sexuellement de nombreuses femmes pendant des décennies », peut-on lire dans un document déposé en Cour supérieure par le regroupement, nommé Les Courageuses.

Le regroupement a été créé à la suite des révélations du Devoir et du 98,5 FM à propos d’allégations d’inconduite sexuelle de la part de Gilbert Rozon sur neuf femmes, dont l’animatrice Pénélope McQuade et la comédienne Salomé Corbo.

Il souhaite représenter les victimes de l’ex-producteur et homme d’affaires. La comédienne Patricia Tuslane, qui a raconté avoir été agressée sexuellement par M. Rozon en 1994, agira à titre de membre désignée du groupe.

Jusqu’à présent, Les Courageuses disent avoir identifié 20 victimes qui ont été agressées ou harcelées sur une période qui s’échelonne sur trois décennies, soit de 1982 à 2016. « Il est manifeste que les victimes connues actuellement ne représentent que la pointe de l’iceberg », note le regroupement.

Selon Les Courageuses, Gilbert Rozon « mérite la qualification de prédateur sexuel ». « [Il] a systématiquement abusé de sa position de pouvoir d’influence dans la sphère artistique, politique et sociale afin d’agresser les membres du groupe avec l’expectative que ses victimes n’auraient pas le courage de le dénoncer ou craindraient ne pas être crues si elles osaient l’accuser de la sorte. »

« Compensation juste »

Les Courageuses souhaitent que M. Rozon écope d’une peine « exemplaire » quant au montant du dédommagement à verser aux victimes.

« L’agression sexuelle et le harcèlement sexuel causent de multiples conséquences néfastes chez les victimes, incluant des troubles sexuels, physiques, psychologiques, relationnels et sociaux », explique-t-on dans le document.

Le regroupement réclame 10 millions de dollars en dommages punitifs en plus d’un dédommagement pour chaque victime dont le montant sera fixé individuellement. Patricia Tuslane réclame pour sa part une somme de 400 000 $.

Ce sont les cabinets d’avocats Kugler Kandestin et Trudel Johnston Lespérance qui représentent les demanderesses.

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