Décourager les Haïtiens par des statistiques?

La publication des chiffres pourraient en effet servir à décourager les Haïtiens qui songent à venir au Canada depuis que le gouvernement Trump a annulé leur permis de séjour temporaire.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne La publication des chiffres pourraient en effet servir à décourager les Haïtiens qui songent à venir au Canada depuis que le gouvernement Trump a annulé leur permis de séjour temporaire.

La publication du faible taux d’acceptation des demandes d’asile des Haïtiens par le gouvernement fédéral rend sceptiques certains observateurs du milieu de l’immigration.

Ces chiffres pourraient en effet servir à décourager les Haïtiens qui songent à venir au Canada depuis que le gouvernement Trump a annulé leur permis de séjour temporaire, croit l’avocat en immigration Stéphane Handfield. « C’est une évidence que le gouvernement s’est empressé de rendre publiques ces statistiques pour envoyer un message clair aux communautés du côté américain. »

D’autant que cette publication coïncide avec les voyages aux États-Unis de plusieurs députés fédéraux pour faire taire la rumeur selon laquelle il est très facile d’être accepté comme réfugié au Canada.

En effet, moins de 10 % des demandeurs d’asile haïtiens — soit 29 demandes sur les 298 traitées jusqu’ici — auraient été acceptés, selon les données de février à octobre 2017 publiées jeudi sur le site de la Commission de l’immigration et du statut de réfugiés (CISR).

Or, plus de 6000 dossiers sont en attente de traitement, soit un « très faible échantillon », dont il est impossible de dégager une tendance, a dit Me Handfield. Traditionnellement, 50 % des Haïtiens sont acceptés au Canada.

Si les demandes d’asile des Haïtiens sont les plus nombreuses à avoir été traitées de février à octobre 2017, des centaines de demandes de Nigérians, de Turcs et de Syriens sont également dans le lot. Au total, pour cette période, les dix pays d’où proviennent le plus grand nombre de demandeurs d’asile ayant traversé de manière irrégulière la frontière totalisent 14 467 dossiers, dont à peine 10 % ont été traités. Le taux d’acceptation est de 60 %.