Taxify veut concurrencer Uber à Montréal

Taxify, qui offre un service semblable à Uber, est présente dans une vingtaine de pays, surtout en Europe de l’Est et en Afrique. Elle vient toutefois d’inaugurer son service à Paris et attend le feu vert des autorités pour l’offrir à Londres.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Taxify, qui offre un service semblable à Uber, est présente dans une vingtaine de pays, surtout en Europe de l’Est et en Afrique. Elle vient toutefois d’inaugurer son service à Paris et attend le feu vert des autorités pour l’offrir à Londres.

Une jeune compagnie estonienne qui tente de concurrencer Uber en laissant plus d’argent dans les poches des chauffeurs a l’intention de s’implanter à Montréal, a appris Le Devoir.

L’entreprise Taxify a récemment publié une offre d’emploi pour un poste de directeur des opérations à Montréal. La porte-parole de la compagnie, Marilin Noorem, n’est pas en mesure d’indiquer à quel moment le service de transport pourrait être offert dans la métropole québécoise, mais elle indique qu’après le lancement prévu à Toronto d’ici la fin de l’année, Montréal et Calgary seront dans la ligne de mire.

« Nous allons d’abord effectuer un lancement à Toronto et, peu de temps après, nous allons nous tourner vers d’autres villes », affirme-t-elle.

« Montréal a un encadrement strict. Nous voulons nous assurer de nous conformer aux règles en vigueur », souligne Mme Noorem, tout en précisant que l’entreprise n’a pas encore entamé de discussions avec les autorités québécoises.

Rivaliser avec Uber

Depuis sa fondation en 2013, Taxify mise sur le même modèle d’affaires qu’Uber : des usagers qui commandent des courses à l’aide d’une application mobile et des chauffeurs qui utilisent leur véhicule personnel pour les transporter. La compagnie dit toutefois se distinguer d’Uber en limitant à environ 15 % la commission qu’elle retient sur chaque course, comparativement à 25 ou 30 % pour ses concurrents dans certains marchés, dit-elle.

« En imposant une commission moins élevée à nos chauffeurs, nous pouvons également offrir des prix plus abordables aux consommateurs », soutient Mme Noorem.

Présentement active dans 20 pays, Taxify a d’abord pris de l’expansion en Europe de l’Est et en Afrique, mais elle entre maintenant dans une nouvelle phase de son développement en s’attaquant à des marchés où Uber domine. L’entreprise a par exemple lancé ses activités à Paris il y a un mois et elle attend le feu vert pour le faire à Londres.

Manque de chauffeurs ?

L’arrivée de Taxify à Montréal porterait-elle un coup dur à Uber ? Le chargé de cours à l’École nationale d’administration publique (ENAP) et ancien conseiller municipal Guillaume Lavoie, qui suit de près l’évolution de l’économie collaborative, affirme qu’il faudrait d’abord que les règles québécoises permettent l’entrée en scène de l’entreprise estonienne.

Parce qu’à son avis, le projet-pilote encadrant les activités d’Uber au Québec est trop restrictif, notamment en ce qui concerne les 35 heures de formation obligatoires.

« Si nous ne sommes pas capables de tracer des règles qui sont invitantes, on va finir par avoir seulement la compagnie la plus costaude, capable de faire face à des barrières à l’entrée beaucoup trop élevées », dit-il en parlant d’Uber.

Pour le reste, il croit que la venue de Taxify forcerait Uber à ajuster ses prix et offrirait une option supplémentaire aux Montréalais pour réduire l’utilisation de l’auto solo.

Le président de l’entreprise de covoiturage Netlift, Marc-Antoine Ducas, se demande quant à lui si Taxify a des chances de remporter sa bataille contre Uber au Québec. Elle aurait, selon lui, du mal à garder ses prix et sa commission au plancher, parce qu’elle devrait payer des redevances au gouvernement, comme a accepté de le faire Uber.

Et surtout, dit-il, elle serait confrontée à un bassin de chauffeurs limité dans le marché montréalais.

« Partout dans le monde, la bataille des compagnies comme Uber et les autres se fait sur le recrutement et la rétention des chauffeurs, explique-t-il. Et actuellement, Uber a du mal à recruter plus de chauffeurs et à garder ses chauffeurs. »

Du côté d’Uber, on réserve l’affrontement pour plus tard. « Nous croyons que la compétition permet d’offrir plus d’alternatives de transport aux consommateurs, ce qui aide à combattre l’auto solo responsable de la congestion et de la pollution », affirme son porte-parole au Québec, Jean-Christophe de Le Rue.

1 commentaire
  • Louis Gérard Guillotte - Abonné 8 novembre 2017 13 h 09

    Je le répète vu de mon expérience!

    Chauffeur de taxi "professionnel" est un métier et un savoir faire pour bien tirer son
    épingle du jeu.Les 35 heures de formation sont donc nécessaires car c'est un service
    public, d'abord et avant tout.Montrez pattes-blanches est un préalable sécuritaire
    pour tous les clients qui montent dans une "caisse".Il est primordiale que le client(e)
    puisse voir la photo du chauffeur et lire le numéro de son permis de chauffeur de taxi
    en bonne et due forme.Il ne saurait y avoir deux poids-deux mesures en cette matière;un permis?oui,mais à certaines conditions égales pour tous et toutes.