Les proches de Clément Ouimet rendent hommage au jeune athlète disparu

La Ville a fait installer des panneaux signalant l’interdiction d’effectuer des demi-tours sur la voie Camilien-Houde, à l’endroit où un jeune homme de 18 ans a été frappé par un automobiliste le 4 octobre dernier.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La Ville a fait installer des panneaux signalant l’interdiction d’effectuer des demi-tours sur la voie Camilien-Houde, à l’endroit où un jeune homme de 18 ans a été frappé par un automobiliste le 4 octobre dernier.

Alors que la famille et les proches de Clément Ouimet rendaient hommage dimanche à ce cycliste de 18 ans frappé mortellement le 4 octobre dernier sur la voie Camilien-Houde, sur le mont Royal, la Ville de Montréal a mis en place des mesures de sécurité temporaires sur les lieux du drame.

Les proches du cycliste ont reçu les condoléances, dimanche, avant de tenir un hommage à la mémoire de Clément Ouimet à l’intérieur du chalet du mont Royal, tout près du lieu du drame. Bien que les citoyens « se sentant interpellés par cette tragédie » étaient les bienvenus, le tout était privé.

Laurent-Paul Ménard, un ami des parents du défunt, a tenu à remercier chaleureusement en leurs noms tous ceux qui leur ont exprimé des mots d’encouragement. « Merci pour les manifestations d’empathie, de soutien, de solidarité », a-t-il déclaré au Devoir.

Mesures spéciales

Clément Ouimet, un cycliste de haut niveau, a été heurté par un automobiliste effectuant illégalement un demi-tour alors qu’il s’entraînait sur la voie Camilien-Houde. « Clément était un jeune homme passionné et déterminé. Grand sportif, son travail et sa persévérance faisaient l’admiration de tous », peut-on lire dans son avis de décès.

La Ville de Montréal a mis en place des mesures de sécurité temporaires plus tôt que prévu sur les lieux du drame, où de nombreux demi-tours illégaux ont été observés dans les jours suivant le décès du jeune cycliste. Des panneaux signalant clairement l’interdiction d’effectuer cette manoeuvre ont été installés, ainsi que des caméras de surveillance et un afficheur de vitesse. Le muret séparant les voies au centre de la route a également été allongé d’une dizaine de mètres. Ces mesures devaient être mises en place d’ici le 20 octobre.

La présidente-directrice générale de Vélo Québec, Suzanne Lareau, a salué la vitesse de réaction des autorités. Ces mesures lui apparaissent « suffisantes de prime abord ».

Aux yeux de la porte-parole de Vélo Fantôme Montréal, Gabrielle Anctil, elles arrivent malheureusement « trop tard ». « Clément n’avait pas besoin de mourir. On savait depuis des années que ce problème existait et rien n’a été fait en amont », a-t-elle dénoncé au Devoir.

Ces mesures sont temporaires, étant donné qu’un groupe de travail se penchera sur la sécurité de ce secteur afin d’évaluer « sérieusement que les [chemins] Camillien-Houde et Remembrance ne soient plus une voie de transit », comme l’avait exprimé le maire de Montréal, Denis Coderre.

Contre la circulation de transit

De nombreuses voix, dont celles de Mme Lareau et du maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, se sont élevées dans les derniers jours pour réclamer la fin de la circulation de transit sur le mont Royal. Près de 12 000 véhicules empruntent quotidiennement les voies Camilien-Houde et Remembrance, selon un décompte commandé en 2014 par Vélo Québec.

Cette idée ne date pas d’hier. Le Devoir rapportait vendredi qu’un rapport du Bureau de consultation de Montréal recommandait à la Ville d’empêcher le passage des voitures au sommet de la montagne en 1990.

Par ailleurs, un vélo fantôme (une monture entièrement peinte en blanc) sera installé vers la fin du mois d’octobre sur le lieu de la tragédie, a confirmé Gabrielle Anctil au Devoir. Il s’agira d’un vélo de course de Clément Ouimet, peint en blanc par ses amis, qui le personnaliseront en ajoutant des pièces de leurs propres bicyclettes afin de lui laisser un souvenir. « Il y a un effort collectif de la part de ses proches, c’est très touchant », a commenté Mme Anctil.