Rien pour les médias… pour le moment

La politique culturelle promet de «moderniser certains aspects» du Fonds du Canada pour les périodiques au courant de l’année prochaine.
Photo: Borislav Bajkic Getty Images La politique culturelle promet de «moderniser certains aspects» du Fonds du Canada pour les périodiques au courant de l’année prochaine.

Rien pour le moment… et on ne sait pas trop quoi pour le futur non plus. Le gouvernement a promis jeudi de moderniser le Fonds du Canada pour les périodiques d’ici l’an prochain afin d’aider les médias en crise. Mais il n’a pas donné d’indications à savoir si les journaux pourraient être visés par cette opération.

Selon la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, il « n’y a pas de solution facile pour faire face aux difficultés » des médias qui produisent des nouvelles locales. Une « démocratie saine dépend d’un contenu journalistique fiable », mais Ottawa n’a pas pour autant « l’intention de soutenir les modèles qui ne sont plus viables ». « Nous préférons centrer notre aide sur l’innovation, l’expérimentation et la transition vers le numérique », a-t-elle dit.

Le document-cadre qui détaille la politique culturelle promet de « moderniser certains aspects » du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) au courant de l’année prochaine. Mais celui-ci ne concerne pas les journaux quotidiens.

Parlant au nom de la Coalition pour la pérennité de la presse d’information au Québec (huit quotidiens et 170 hebdomadaires), le directeur du Devoir, Brian Myles, a indiqué avoir « un travail de persuasion à faire pour convaincre [Mme Joly] que le problème ne va pas se régler par le simple financement des journaux communautaires, des périodiques, et par le soutien aux magazines ». « Deux tiers des revenus publicitaires dans le numérique sont empochés par Google et Facebook, dit M. Myles. Les orientations d’aujourd’hui ne font absolument rien pour nous aider à corriger ça. »

Le président de La Presse, Pierre-Elliott Levasseur, s’est aussi dit « déçu » de la présentation. « Le modèle d’affaires est brisé et il faut le réparer. Les solutions nécessitent des investissements importants pour le développement de plateformes […]. On doit pouvoir compter sur l’appui du gouvernement. »

CBC/Radio-Canada attendra

Pour l’instant, le grand virage numérique de la ministre Joly ne concerne presque pas concrètement le diffuseur public canadien. La responsable du secteur confirme bien l’intention du gouvernement de renouveler le mandat de Radio-Canada/CBC, mais elle remet à plus tard l’annonce des modalités de révision de la Loi sur la radiodiffusion et de la Loi sur les télécommunications. Cette intention de refonte était formulée dans le budget de 2017. « Dans ce contexte, nous travaillons avec RC/CBC en vue de renouveler son mandat et de renforcer son rôle essentiel de partenaire majeur », dit le Cadre stratégique du Canada créatif dévoilé jeudi à Ottawa. Un comité consultatif formé en juin recommandera des candidats au conseil d’administration afin de le mettre à l’abri des nominations partisanes. Le groupe Les Amis de la radiodiffusion canadienne réagit en parlant de « modestes retouches afin de faire avancer le contenu canadien ». Le groupe de pression reproche aussi à la ministre d’offrir « des théories plutôt que des actes face à la crise des nouvelles locales au Canada ». Stéphane Baillargeon
3 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 29 septembre 2017 08 h 17

    Il existe une base de solution

    Dans tous les commentaires que je lis au sujet de Facebook, Google et autre, il apparaît clair que ce sont des médias.

    J'aime bien les truismes.

    La question est qu'en fait ce sont des médias qui n'ont aucune responsabilité, alors qu'ils ont plus de pouvoir que tout autre média de tout temps.
    C'est le tout premier point qui doitêtre revu.

    On ne peut obliger les publicitaires à changer de stratégie. On peut obliger les médias à assumer ce qu'ils publient.

    L'actuel Conseil de Presse me semble bien vétuste. Tout média devrait être tenu d'y prendre part et de respecter ce qu'il statue... ce qui en effet déborde largement de ses prérogatives actuelles.

    Il faut donc donner au Conseil un statut officiel et reconnu par le gouvernement, avec droit de punir les fausses nouvelles et les tentatives de manipulation via des amendes réelles et tenant compte de la masse de lecteurs/auditeurs.

    Pour Facebook, ça risque de coûter la peau des fesses!

    • Tristan Roy - Inscrit 29 septembre 2017 12 h 35

      Ce ne sont pas des médias, mais des agrégateurs d'information à coût nul. Ils vendent ensuite leur audience massive aux annonceurs qui recherchent le meilleur coût dollars/audience. À ce jeu, les médias, en ordre dispersé et avec des coûts de production de l'information, n'ont aucune change et vont à l'abatoir.

  • Tristan Roy - Inscrit 29 septembre 2017 12 h 26

    Google est l'équivalent d'un cablo distributeur

    C'est comme ça qu'il faut le voir. Et le CRTC a obligé les cablos à permettre la présence de chaines spécialisées. Il faut demander à Google de permettre aux médias locaux d'avoir une plate forme Google+ ou ils peuvent vendre de la publicité locale, ou même nationale via un portail "Google local news" ou les revenus de pub nationaux seraient répartis auprès des médias locaux participants.

    Pourquoi Google? Diviser pour régner. Facebook domine les médias locaux et Google veut rivaliser avec Google+ mais n'y arrive pas. Si le Canada coopère avec Google pour faire la promotion de Google+ ET des médias d'information locale, on pourrait y trouver notre compte. Et en profiter pour arracher à Google une entente de contrôle du contenu pour éradiquer les fausses nouvelles...

    En passant, les ventes publicitaires des médias locaux seraient taxées...