De la concurrence pour BIXI

DropBike a réparti une cinquantaine de vélos à travers la ville de Westmount.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir DropBike a réparti une cinquantaine de vélos à travers la ville de Westmount.

Installée depuis plusieurs années sur l’île de Montréal, la compagnie de vélo en libre-service BIXI Montréal devra désormais composer avec la concurrence, puisqu’un nouveau système de véloportage vient de s’installer dans Westmount.

Avec l’accord de l’administration municipale, l’entreprise torontoise DropBike a réparti une cinquantaine de ses vélos orange — en location pour 1 $ l’heure — à travers la ville.

À la différence de BIXI, les vélos ne sont pas ancrés à une station fixe. Pour les repérer, il suffit de télécharger l’application sur son téléphone intelligent et de numériser le code du vélo pour débloquer le cadenas intégré à la roue arrière.

Une dizaine de zones ont toutefois été délimitées par des lignes jaunes au sol pour les accueillir. « Nous voulons nous assurer que les utilisateurs déposent les vélos dans des endroits appropriés, et pas n’importe où. Nous donnons aussi plus de visibilité aux utilisateurs [pour mieux repérer les vélos] », affirme la responsable des communications de DropBike, Farnia Fekri.

Ce système inspiré des services de velopartage Ofo et Mobike, qui ont vu le jour en Asie, a en effet créé le chaos dans certaines villes, notamment en Chine, où les vélos sont déposés n’importe où.

De son côté, le conseiller en sécurité publique de Westmount, Philippe Cutler, ne s’inquiète pas outre mesure. « C’est un projet pilote de deux mois. On va recevoir les commentaires des citoyens et s’il y a des problèmes on arrêtera le projet. Mais je pense que les gens l’utiliseront correctement. »

Une première pour BIXI

C’est la première fois depuis sa création en 2009 que BIXI Montréal doit faire face à de la concurrence. « On était les premiers surpris que Westmount ait autorisé Dropebike, on ne nous avait pas avisés, explique Pierre Parent, directeur du marketing de l’entreprise. On est surtout curieux de voir ce qui va arriver avec ça. Combien de temps ce système va rester en place ». Il craint que les usagers ne respectent pas les zones délimitées et que rapidement les vélos soient déposés un peu partout dans la ville. « Dans une ville comme Westmount, si rangée, le choix du marché est surprenant. »

Il se questionne aussi sur le modèle d’affaire de la compagnie, doutant de sa capacité à faire des profits. « Comment un plan d’affaires peut fonctionner quand on loue un vélo à seulement 1 $ de l’heure ? C’est un peu incohérent. »

À l’heure actuelle, Westmount accueille six stations BIXI. Un déplacement de moins de 30 minutes est proposé au prix de 2,95 $, et le tarif à la journée est de 5 $.

Pour Philip Cutler, l’arrivée de DropBike ne doit pas être perçue comme de la concurrence. « Les BIXI sont vraiment bien utilisés dans Westmount, mais on voulait encore plus encourager le transport actif », indique-t-il.

Mieux desservir

À ses yeux, la nouvelle entreprise de vélopartage va surtout permettre de mieux desservir certains endroits de la municipalité qui ne pouvaient accueillir une station BIXI d’une douzaine de vélos, par manque de place notamment. « En proposant juste deux ou trois vélos ici et là, ça donne le choix de se déplacer en transport actif sans devoir enlever des places de stationnements dans des endroits plus commerciaux », ajoute-t-il.

« La seule chose avec laquelle nous sommes en concurrence est la voiture », renchérit Farnia Fekri.

DropBike proposait déjà ses services sur le campus de l’Université de Toronto et dans la ville de Kingston. L’entreprise compte également faire son bout de chemin au Québec et espère proposer ses services dans différentes villes.


1 $
C’est le coût de location, à l’heure, d’un vélo DropBike.
1 commentaire
  • Jean Richard - Abonné 8 septembre 2017 11 h 22

    La magie de la concurrence

    Bixi peut dormir tranquille : DropBike ne met pas son système en péril.

    Ça peut sembler alléchant à première vue de ne payer qu'un dollar l'heure, mais d'une part, il s'agit d'un tarif promotionnel, et d'autre part, il faut ajouter le coût mensuel d'un forfait de données sur téléphone mobile – qui est loin d'être gratuit.

    L'idée du vélo sans station d'attache peut aussi séduire. Or, ça peut sans doute fonctionner dans une petite ville résidentielle cossue comme Westmount, mais dans une grande ville, la probabilité que ça devienne anarchique est grande. Ces vélos sans ancrage seront très facile à déplacer (ils ne sont pas si lourds). Et le principe de départ est malsain : ne pas enlever d'espace aux (très encombrantes) voitures. Ce sont les trottoirs (et les piétons) qui vont écoper.

    Enfin, avec un nom pareil, ça ne donne pas envie de se promener avec ça...