Des Québécois évacués pour éviter l’ouragan «Irma»

Un homme constatant les dégâts sur sa propriété à St. John’s, à Antigua-et-Barbuda, après le passage d’<em>Irma</em>, mercredi
Photo: Johnny Jno-Baptiste Associated Press Un homme constatant les dégâts sur sa propriété à St. John’s, à Antigua-et-Barbuda, après le passage d’Irma, mercredi

Près de 2000 voyageurs étaient attendus mercredi soir à l’aéroport de Montréal après avoir été évacués des Caraïbes, où l’ouragan Irma s’apprêtait à passer après avoir déjà fait plusieurs morts.

Trois ouragans sévissaient simultanément mercredi après-midi du côté de l’Atlantique, les tempêtes José et Katia s’étant hissées dans la catégorie des ouragans, venant ainsi s’ajouter au puissant Irma, de catégorie 5, a annoncé le Centre national américain des ouragans (NHC).

Le plus puissant ouragan jamais vu dans l’océan Atlantique avait atteint les îles du nord-est des Caraïbes tôt mercredi.

Alexandre McKenna et sa conjointe étaient en voyage à Punta Cana, en République dominicaine, depuis le 3 septembre. Le couple, dont l’hôtel était situé au bord de la mer, a échappé au passage de l’ouragan Irma.

Avec ses vents de près de 300 km/h, Irma a entre autres balayé l’île franco-néerlandaise de Saint-Martin, faisant huit morts du côté français et se dirige le long d’une trajectoire qui l’amènerait vers Puerto Rico, la République dominicaine, Haïti et Cuba, avant de possiblement atteindre la Floride d’ici la fin de semaine.

« Nous étions à risque. Nous avions une chambre avec vue sur la mer, qui était à environ 500 mètres de l’hôtel », a raconté M. McKenna en entrevue avec Le Devoir, alors qu’il attendait son vol de retour vers Montréal.

L’homme avoue avoir craint pour sa sécurité jusqu’à ce qu’on lui annonce qu’Air Canada avait ajouté des vols pour rapatrier les voyageurs. « Au début, le risque nous paraissait banal, parce qu’encore mercredi matin, c’était ensoleillé, mais les plages étaient fermées et les employés de l’hôtel se préparaient pour solidifier l’établissement », mentionne M. McKenna.

Il n’aura fallu que quelques heures pour que le ciel se couvre complètement et amène de forts vents. « Tout le monde a hâte de partir. On regarde ce qui se dit sur les réseaux sociaux et on veut tous rentrer », a indiqué M. McKenna.

À l’aéroport de Montréal, des employés ont été appelés en renfort pour accueillir les voyageurs puisqu’on s’attendait à ce que certains dorment à l’aéroport.

« Certains devront prendre les liaisons dès jeudi, alors nous nous sommes assurés d’avoir des couvertures, des bouteilles d’eau, des chargeurs pour leurs cellulaires », a souligné Marie-Claude Desgagnés, conseillère aux affaires publiques d’Aéroport de Montréal.

Une dizaine d’appareils d’Air Transat et d’Air Canada en provenance principalement de Cuba et de la République dominicaine étaient attendus mercredi.

« Les quarts de travail des employés des douanes ont été prolongés et un corridor sera réservé pour les gens de ces vols », avait aussi mentionné Mme Desgagnés.

Les deux compagnies aériennes ont prévu une vingtaine de vols jusqu’au 7 septembre pour rapatrier les voyageurs.

 

Importants dégâts

La partie française de l’île franco-néerlandaise Saint-Martin est « détruite à 95 % » après le passage de l’Ouragan Irma, a indiqué mercredi soir le président du Conseil territorial local, Daniel Gibbs.

Au moins « huit morts » sont à déplorer à Saint-Martin, avait annoncé Eric Maire, le préfet de la Guadeloupe, un département français d’outre-mer voisin.

Sur l’île de Barbuda, où l’oeil de l’ouragan Irma est passé, les dégâts étaient importants.

Irma arraché le toit du commissariat de police, contraignant les policiers à se réfugier dans la caserne de pompiers voisine et dans le centre communautaire, qui servait d’abri officiel. L’ouragan de catégorie 5 a aussi rompu les communications entre les îles. On rapporte également des arbres déracinés et des inondations importantes, mais on ne déplore aucune victime pour le moment.

Des pluies diluviennes et des vents violents ont frappé l’île voisine d’Antigua, pendant que la population se terrait chez elle ou dans des abris gouvernementaux.

Les responsables ont demandé aux habitants de se mettre à l’abri de « l’assaut » d’Irma dans un communiqué qui se termine par la phrase « Que Dieu puisse tous nous protéger ».

À Puerto Rico, les autorités météorologiques disent ne pas avoir vu d’ouragan aussi puissant depuis l’ouragan San Felipe en 1928, une tempête qui avait fait près de 2800 morts en Guadeloupe, à Puerto Rico et en Floride.

« Nous n’avons jamais vu d’événement aussi dangereux, a dit le gouverneur portoricain Ricardo Rosselló. Une bonne partie de l’infrastructure sera incapable de résister à une telle puissance. »

Le nord de la République dominicaine et d’Haïti pourrait recevoir 25 cm de pluie, contre 50 cm dans le sud-est des Bahamas et de Turks et Caicos.

Seulement quatre autres ouragans (Allen en 1980, Gilbert en 1988, Wilma en 2005 et une tempête qui a frappé les Keys de la Floride en 1935) ont déjà généré des vents aussi puissants que ceux d’Irma. Ces tempêtes ont toutefois frappé dans la mer des Caraïbes et dans le golfe du Mexique, où l’eau est habituellement plus chaude que dans l’Atlantique.