Cinq ans de prison pour l’ancien p.-d.g. de la Société des ponts fédéraux

Michel Fournier a été président de la Société des ponts fédéraux et président du conseil d’administration de la société Ponts Jacques-Cartier et Champlain.
Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir Michel Fournier a été président de la Société des ponts fédéraux et président du conseil d’administration de la société Ponts Jacques-Cartier et Champlain.

L’ex-président de la Société des ponts fédéraux (SPFL) a été condamné jeudi à cinq ans et demi de prison après avoir admis avoir reçu un pot-de-vin de 2,345 millions de dollars de SNC-Lavalin en échange d’un contrat pour des travaux sur le pont Jacques-Cartier.

Michel Fournier, qui a dirigé la SPFL de 1997 à 2004, a plaidé coupable à des accusations de fraude et de recyclage des produits de la criminalité. Une enquête de la GRC a permis de démontrer que des pots-de-vin ont été payés par SNC-Lavalin à l’ancien dirigeant pour l’obtention d’un contrat de la SPFL.

Le contrat au coeur de cette affaire avait été accordé en 2001 au consortium Groupement SMDB, formé des firmes SNC-Lavalin, Demathieu Bard et Montacier. D’une valeur de 127 millions de dollars, il visait le remplacement du tablier du pont Jacques-Cartier et la pose de 1518 nouvelles dalles de béton.

La preuve a révélé que de 2001 à 2003, des paiements totalisant 2,345 millions de dollars ont été versés à M. Fournier dans des comptes bancaires suisses.

« Votre situation est très triste. Vous aviez un emploi que beaucoup rêveraient d’avoir. Vous aviez le prestige, le salaire, la sécurité financière. Environ 0,5 % de la population canadienne peut avoir ça », a souligné le juge Manlio Del Negro en s’adressant à l’accusé.

« Même maintenant, vous êtes chanceux d’avoir pu prendre votre retraite à 55 ans et avoir une pension. Quinze ans après la justice a le bras long ».

C’est par l’intermédiaire d’une compagnie tierce, Promotag S.A.R.L et l’utilisation de fausses conventions de services-conseils à l’étranger que les sommes ont transité de façon anonyme vers deux comptes bancaires.

M. Fournier a lui-même ouvert un premier compte, un mois à peine après l’attribution du contrat de SNC-Lavalin, puis un deuxième en novembre 2002, lors d’un voyage en Suisse.

L’ex-président de SPFL a essayé de faire croire que les sommes déposées par Promotag dans le compte provenaient du patrimoine de sa belle-soeur, aujourd’hui décédée.

Pour camoufler les transactions, l’homme a même tenté de faire fructifier l’argent des pots-de-vin reçu à travers des placements boursiers.

« Des gens doivent travailler après 65 ans et vous, vous allez vous retrouver en prison », a souligné le juge Del Negro, qui a indiqué que malgré les regrets présentés, il était trop tard pour réparer les dommages causés à la société.

Le juge Del Negro a accepté la suggestion commune de la défense et de la Couronne, soit une peine de cinq ans et demi d’incarcération.

Les accusations contre l’épouse de M. Fournier, Judith Barkley-Fournier, ont quant à elles été retirées.

Jusqu’à présent aucune accusation n’a été portée contre SNC-Lavalin dans ce dossier.

7 commentaires
  • Armand Roy - Abonné 24 août 2017 11 h 31

    La prison pour le receveur de pot-de-vin et quoi pour le donneur de pot de vin

    Rien?

  • Gérard Garnier - Abonné 24 août 2017 11 h 33

    Où va notre argent ?

    Ceci n'est qu'une partie de l'explication du coût pharamineux des ponts au Québec, que ce soit pour les construire ou les repeindre.

  • Christiane Gervais - Abonnée 24 août 2017 12 h 22

    Et la classe politique?

    Quand des accusations seront-elles enfin portées contre ces élus qui savaient, pendant toutes ces années, tant au Canada qu'au Québec, les magouilles, dessous de table, pots-de-vin, petits trafics d'influence auxquels s'adonnaient élus, hauts fonctionnaires et entrepreneurs dans tant et tant de dossiers dont on entend parler, parfois, par la bande?

  • Bernard Terreault - Abonné 24 août 2017 12 h 41

    Et Lavalin?

    La firme ou certains dirigeants de Lavalin ont-ils aussi été condamnés?

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 24 août 2017 17 h 13

      D'abord il faut connaitre qui était en charge a ce moment-la de Lavallin,
      il est primordial de connaitre ces malhonnetes génereux donneurs de
      pot-de-vin et les envoyer en taule plus longtemps ces zamis du fédéral.

  • Richard Lupien - Abonné 24 août 2017 15 h 41

    Va-t-il rembourser.....

    ....payer les frais d'enquêtes, de cour, le salaire du juge et du procureur de la couronne?

    ... tout ce qu'il a reçu? Et ceux qui lui ont graissé la patte, nous trompaient itou. Nous prenaient pour des pourvoyeurs parce-que en bout de compte, ne nous y trompons pas, c'est nous qui payons. Et nous allons lui payer ses repas en prison à ce pauvre, mais pauvre monsieur Fournier.

    Richard Lupien
    Ormstown