Demandeurs d'asile: pas de crise, mais presque

Avec 250 nouveaux demandeurs d'asile qui arrivent par jour, la GRC qualifie l’affluence de «sans précédent».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Avec 250 nouveaux demandeurs d'asile qui arrivent par jour, la GRC qualifie l’affluence de «sans précédent».

Malgré le nombre croissant de demandeurs d’asile qui arrivent à Lacolle, il n’est pas question d’ouvrir d’autres centres d’hébergement au Québec, a indiqué Francine Dupuis, p.-d.g. adjointe du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

Hormis celui situé dans une ancienne résidence pour aînés de Laval dont l’ouverture est prévue pour la semaine prochaine, il n’y aura « plus d’autres centres pour le moment », a-t-elle précisé en entretien au Devoir. « Et je n’en souhaite pas d’autres, car […] on ne peut pas travailler à ce rythme-là pour une période prolongée. »

Même si le Québec est dans le pic de sa capacité d’accueil, elle a balayé les rumeurs voulant que des centres d’hébergement soient mis sur pied ailleurs au Québec. « Nos travailleurs sociaux et le personnel de la santé ne pourraient pas desservir d’autres régions, il faudrait qu’on forme leurs intervenants. Ce ne sont pas des avenues envisagées. »

Mme Dupuis appuie entièrement la ministre provinciale de l’Immigration, Kathleen Weil, qui exhorte les autres provinces à apporter aussi leur contribution. Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a d’ailleurs annoncé jeudi l’ouverture d’un camp d’hébergement temporaire de 300 chambres à Cornwall, en Ontario, lors d’un point de presse conjoint avec la GRC, l’Agence des services frontaliers et la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR) à Lacolle.

Pas de crise

Cela dit, Francine Dupuis refuse toujours de parler de « crise ». « Je refuse ce mot-là systématiquement », dit-elle. « Même si dans le pire des scénarios, les autres provinces ne voulaient accueillir personne, on gérerait la chose et on s’organiserait. »

Avec 250 personnes qui arrivent par jour, la GRC qualifie l’affluence de « sans précédent ». Toutefois, elle a tenu à rassurer la population sur le sérieux avec lequel sont traitées les demandes d’asile. Moins de 1 % des personnes interceptées lors de cette vague estivale ont été arrêtées et détenues pour des motifs de criminalité ou pour avoir commis des infractions.

En chiffres

Nombre de demandeurs d’asile interceptés à Lacolle

781 (juin)

2984 (juillet)

3800 (août)

Origine : Haïti (85 %), Soudan, Turquie

50 % des Haïtiens ont vu leur demande d’asile refusée en 2016.
2 commentaires
  • David Cormier - Abonné 18 août 2017 10 h 24

    Situation sur les migrants illégaux

    Bravo aux autorités pour le bel exercice d'euphémismes d'hier. Il n'y a pas de "crise", mais seulement une "situation exceptionnelle". Ce ne sont pas des "immigrants illégaux", mais bien des "réfugiés" qui font des entrées "irrégulières". Pourtant, M. Castonguay de la GRC a été clair dans la conférence de presse : il est illégal de traverser la frontière sans se présenter à un point d'entrée officiel.

    De plus, rien sur les coûts, rien sur les prévisions quant aux futures arrivées, rien quant aux mesures réelles pour endiguer le flot. Et toujours aucune déclaration de la part du premier ministre et du ministre de l'immigration du Canada. Bref, une belle perte de temps et un gros écran de fumée.

  • Richard Olivier - Abonné 18 août 2017 10 h 35

    pas de crise,

    Pourquoi ALORS, l`armée,, la Croix Rouge, des médecins,,,des infirmières,,, la grc. des ministes, un maire qui vont voir les illégaux pour les acceuillir et apporter du réconfort ???